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Peut-on faire confiance aux robots ?

Sommes-nous prêts à nous laisser conduire par une voiture sans chauffeur, à confier nos malades à des robots de surveillance ou à nous laisser guider par des hôtesses humanoïdes ? C’est la question à laquelle une étude française s’efforce de répondre grâce à une expérience originale.

Demander la météo ou son chemin à son smartphone est une chose, lui déléguer des tâches importantes en est une autre… Quel degré de confiance accordons-nous donc aux machines et aux robots ? En septembre dernier, une équipe de chercheurs en cognition composée de psychologues de l’université-Paris 8 et de roboticiens de l’Institut des systèmes intelligents et de robotique (UMPC/CNRS) s’est efforcée de tester l’acceptabilité des robots lorsque ceux-ci jouent un rôle social.

Pour ce faire, 56 adultes peu familiers de robotique ont participé à une expérience en présence de Serena Ivaldi, une chercheuse de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria), spécialiste en interactions homme-machine et en présence d’ICub… un robot humanoïde conçu à l’image d’un enfant de quatre ans !

Le robot est programmé pour dire le contraire des participants humains.© Serena Ivaldi/ISIR/UPMC

Confiance en demi-teinte…

Chaque sujet était placé face au robot et, sur les consignes de la chercheuse, devait résoudre des problèmes simples d’évaluation de grandeurs – « laquelle de ces deux boules est la plus lourde ? » –  ou des choix faciles de la vie quotidienne – « dois-je plutôt emmener un bonnet ou des tongs à la piscine ?», par exemple. Tout cela paraît d’une simplicité enfantine…  mais le petit robot était programmé pour donner systématiquement la réponse inverse de celle des humains !

Résultat : les sujets sont plus enclins à croire le robot s’agissant de tâches d’évaluation de propriétés physiques, quand bien même leur jugement est en désaccord avec le sien. Ils lui prêtent en effet des aptitudes particulières, grâce à ses capteurs estimés très sensibles.

En revanche, sur ce qui relève de l’expérience vécue (comme aller à la piscine), les humains ne font guère confiance au robot : « Ses performances sont réputées meilleures sur des tâches mesurables que sur les connaissances sociales, surtout si les gens ne sont pas convaincus de la fonctionnalité du robot », explique Serena Ivaldi.

© Serena Ivaldi/ISIR/UPMC

… et souci pédagogique

Cela étant, l’expérience a révélé un comportement qui a surpris jusqu’à ses concepteurs. Bien souvent, sur les questions relevant des connaissances sociales, les participants se sont mis spontanément à éduquer le robot ! Certains ont ainsi expliqué de manière très pédagogique au petit humanoïde – pourtant non programmé pour dialoguer – qu’il valait mieux prendre un bonnet pour se rendre à la piscine, surtout à Paris, car c’est obligatoire... 

Prochaine étape que se propose de franchir l’équipe, moins ludique : tester un robot de monitoring en milieu hospitalier afin d’adapter ses fonctions aux attentes et besoins réels des équipes soignantes.

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