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Projet Iter : pas de consensus sur le choix du site

Le 20 décembre 2003, aucun consensus n'a pas pu être trouvé sur le choix du pays qui accueillera le futur réacteur expérimental de fusion nucléaire (Iter), Japon ou France, par les six partenaires du projet réunis près de Washington.

« Nous avons besoin de procéder à davantage d'évaluations avant de prendre notre décision basée sur un consensus (...) Nous avons l'intention d'organiser une autre réunion ministérielle pour atteindre un consensus aussi vite que possible, probablement en février 2004 », ont déclaré les six partenaires dans un communiqué commun à l'issue de la réunion.

Image virtuelle des installations Iter à Cadarache © CEA/EISS

Le site de Cadarache, dans le sud-est de la France, est en concurrence avec celui de Rokkasho-Mura, dans le nord du Japon, pour ce projet, dont le coût total est évalué à 30 milliards d'euros sur 30 ans, avec à la clé d'importantes retombées économiques. L'Union européenne, la Russie, la Chine, les Etats-Unis, la Corée du Sud et le Japon participent à ce projet. Le Canada, qui s'est pratiquement retiré du projet, ne participait par à cette réunion des ministres de l'énergie ou de la recherche à Reston (Virginie).

« On a décidé de prendre un peu de temps, un mois de plus, ce qui est raisonnable, et à la fin du mois de janvier d'avoir dégagé cette décision par consensus », a déclaré pour sa part la ministre française de la recherche Claudie Haigneré, qui faisait partie de la délégation européenne dirigée par le Commissaire européen à la recherche Philippe Busquin. Le projet Iter est « un projet exceptionnel pour le 21ème siècle et pour la conquête de l'énergie », a-t-elle estimé. « Il faut que ce soit un projet véritablement international », a affirmé de son côté la ministre italienne de l'éducation et de la recherche, Letizia Moratti, dont le pays assure la présidence tournante de l'Union européenne. Elle s'est dit « optimiste » pour le site français lors de la prochaine réunion.

D'ici février, « les partenaires vont déblayer des questions techniques et explorer la question des compensations » accordées au site qui ne sera pas choisi, a précisé à des journalistes français un émissaire du gouvernement français, Pierre Lellouche. Alors que la réunion se poursuivait encore, un membre d'une délégation présent à Reston expliquait sous couvert de l'anonymat que l'Union européenne, la Russie et la Chine soutenaient Cadarache, alors que les États-Unis, le Japon et la Corée du Sud préfèrent Rokkasho-Mura, a précisé cette source. Selon un membre d'une autre délégation, sous le couvert de l'anonymat, les choses ont toutefois évolué en faveur du site français au cours de la réunion, la Corée du Sud ayant décidé de s'abstenir.

Le réacteur expérimental vise à produire de l'énergie propre et sûre en reproduisant la fusion qui a lieu dans les étoiles. Mais cette perspective n'est pas pour tout de suite: les pères du projet ne prévoient pas les premiers kilowatts/heure électriques avant l'horizon 2050. Les sites français et japonais font valoir une solide expérience du nucléaire. Rokkasho-Mura abrite un grand complexe industriel comprenant une usine de retraitement nucléaire qui doit ouvrir en juillet 2006, un centre d'entreposage de déchets vitrifiés, une usine d'enrichissement d'uranium et un centre de stockage de déchets de faible activité. Le site de Cadarache de son côté abrite depuis 40 ans des recherches internationales sur l'énergie nucléaire, et mène depuis 1988 une préfiguration d'Iter avec le réacteur expérimental « Tore Supra » dans le cadre d'un programme européen des recherches sur la fusion.

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