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Quand les embryons se font la malle

Les embryons de certains batraciens sont capables de sortir en urgence de leurs œufs lors de l’attaque d’un prédateur. Mais comment font-ils ?

Âgés de 5 jours seulement, ces embryons de rainettes sont déjà capables de s’échapper de leurs œufs.© Karen M. Warkentin

Chez la rainette aux yeux rouges (Agalychnis callidryas) qui vit en Amérique centrale, les œufs fraîchement fécondés peuvent être la proie des serpents arboricoles ou des guêpes. Ces batraciens ont néanmoins développé une parade pour échapper à leurs prédateurs : les futurs têtards, même âgés de 5 jours seulement, sont capables de s’échapper de leurs œufs lorsqu’ils se sentent menacés.

Après une première attaque par ce serpent arboricole, la plupart des embryons prennent la poudre d’escampette.

© Michael S. Caldwell and Karen M. Warkentin

Cette stratégie, déjà décrite l’an dernier, pose quelques questions. Comment des têtards immatures parviennent-ils à franchir la barrière de l’œuf ? Grâce à une série de nouvelles expériences, des chercheurs, de l’université de Boston et de l’institut de recherche tropicale Smithsonian, viennent de trouver une réponse.

Une glande à enzyme

Dans la revue Journal of Experimental Biology, les scientifiques montrent que les proto-têtards disposent d’une glande située près de leur bouche. Lorsque ces derniers sentent les vibrations d’un prédateur, ils produisent ainsi une enzyme qui vient dissoudre littéralement la paroi de l’œuf afin d’ouvrir une porte de sortie.

© Michael S. Caldwell and Karen M. Warkentin

Quelques secondes suffisent à réaliser cette prouesse. Dans la nature, les œufs étant placés sous les feuilles des arbres, les futurs têtards tombent ainsi dans l’eau où ils peuvent espérer finir leur développement. 

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