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Sclérose en plaques : quelles avancées ?

Depuis novembre 2003, un nouveau traitement contre la sclérose en plaques est à la disposition des neurologues. En parallèle, les efforts se poursuivent pour collecter des fonds à destination des laboratoires de recherche.

Un nouveau traitement sur le marché

La sclérose en plaques vue par IRM Une vue en coupe transversale par Imagerrie par Résonance Magnétique montre les atteintes médullaires, désignées par des flèches. © CAVALLINI JAMES / BSIP

29% de poussées en moins après 24 mois de traitement et 32% après 34 mois, tel est le résultat d’une étude menée dans 11 centres médicaux américains, sur 106 patients atteints de sclérose en plaques, traités par le copaxone, contre 109 ayant reçu un placebo. Une autre étude, franco-canadienne, a confirmé ces résultats en observant une diminution des poussées de 33% et une baisse moyenne des lésions de 29%.

Le copaxone, précédemment réservé à l'utilisation dans les hôpitaux, peut désormais être prescrit par tous les neurologues pour le traitement de la sclérose en plaques. Il vient offrir une alternative à l'interféron bêta, qui était jusqu'alors le traitement le plus couramment prescrit. Le traitement doit être administré chaque jour par injection sous-cutanée et il ne semble pas provoquer d'effets secondaires gênants.

La sclérose en plaques, maladie à épisodes

La sclérose en plaques, qui touche 60 000 personnes en France, frappe les jeunes adultes, entre 20 et 40 ans, principalement les femmes (les deux tiers des malades). Généralement, une première attaque laisse l'individu indemne pour de nombreuses années. Avant de réapparaître puis disparaître de nouveau. La fréquence des poussées est variable mais les séquelles restent de plus en plus invalidantes.

Le fonctionnement de cette maladie, par poussées successives, la rend particulièrement difficile à gérer psychologiquement. La maladie n'est pas héréditaire (cependant, statistiquement, elle est légèrement plus fréquente chez les familles touchées dans le passé). La grossesse n'est plus interdite aux jeunes femmes malades, ce qui représente un grand progrès pour elles. Il s'est même avéré que, pendant cette période, le nombre de poussées diminuait, principalement au cours des trois derniers mois.

Mieux comprendre les mécanismes de la maladie

Améliorer ou restaurer la conduction nerveuse, bloquer la réaction immunitaire, identifier les facteurs de prédisposition génétiques… les axes de recherche ne manquent pas.

Sclérose en plaque, atteintes cellulaires Les cellules en rouge sont en train de mourir. © F. Rieger / Inserm

La maladie

La SEP (sclérose en plaques) est une maladie du système nerveux central au cours de laquelle la myéline, substance qui forme une gaine autour des fibres nerveuses, est graduellement détruite.

Cette substance isolante, un peu comme la gaine d'un fil électrique, permet la transmission rapide de l'influx nerveux. La perte de myéline rend la transmission des messages de plus en plus difficile, puis les neurones dégénèrent et finissent par mourir. Ces lésions forment des plaques qui, selon les zones touchées, causent les différents symptômes.

Les plus courants sont des troubles de vision, tremblements, faiblesse des membres, fourmillements ou douleurs, difficultés d'élocution…

Dégradation de la gaine de myéline. La sclérose en plaques provoque la destruction partielle de cette gaine qui protège les nerfs. © Science actualités (CSI)

Son origine : un mystère

La SEP est ce qu'on appelle une maladie auto-immune : le système immunitaire, normalement destiné à lutter contre des éléments étrangers (virus, bactéries), se retourne pour une raison mystérieuse contre notre propre organisme. Dans le cas de cette maladie, les globules blancs dirigent leur action contre la myéline. Pourquoi ? On ne le sait pas. Il semblerait que plusieurs gènes, lorsqu'ils présentent des variations, pourraient être associés à un risque accru de développer la maladie (prédisposition).
Une équipe de l'institut Max Planck (Allemagne) a mis en évidence, dans la gaine de myéline qui entoure les fibres nerveuses, une protéine qui pourrait susciter des réactions du système immunitaire chez les personnes atteintes de la maladie. Cette protéine serait attaquée par les mécanismes de défense de l'organisme qui la considérerait comme un corps étranger. Les chercheurs ont aussi remarqué que cette protéine présente une structure semblable à une autre protéine, jusqu'ici uniquement observée chez la bactérie Chlamydia. Or, il avait été envisagé dans le passé que cette bactérie pouvait avoir un rôle dans l'apparition de la maladie mais cela n'avait pu être prouvé.

Le financement de la recherche

Pour stimuler une recherche alors presque inexistante en France, l'ARSEP (Association pour la recherche sur le sclérose en plaques) s'est créée en 1969 et a été reconnue d'utilité publique en 1978. Depuis, elle s'emploie à récolter des fonds et à la redistribuer à différents laboratoires.
En 2001, un spot publicitaire réalisé par Alain Corneau et mettant en scène Marie Dubois a été diffusé pour promouvoir cette collecte. L'opération a été rééditée en 2003.

Les aides fournies par l'ARSEP en 2002

Les dons de l'ARSEP Au cours de 11 dernières années, l’ARSEP a distribué les sommes suivantes, sous forme de subventions et d’aides à la Recherche : © ARSEP

En 2002, l’ARSEP a réparti un peu plus de 900 000 euros à différents laboratoires, sous forme de subventions et d’aides à la recherche. Une somme importante, mais environ100 fois moins élevée que celle collectée par le Téléthon en 2003. Près de 50% de ces fonds ont été attribués à des recherches en neurobiologie et 25% à des travaux d’immunologie.

De plus amples détails sur les laboratoires bénéficiaires de ces aides sont disponibles sur le site de l'ARSEP.

La comédienne Marie Dubois Atteinte de sclérose en plaques, elle participe à la campagne de recueil de dons. © UNISEP - Campagne de lutte contre la sclérose en plaques 2001

Le témoignage de Marie Dubois est caractéristique de l'intermittence de cette maladie : «J'avais 23 ans lorsque la maladie s'est déclarée. C'était après le tournage du film de François Truffaut Tirez sur le pianiste. Heureusement cette première alerte n'a pas été trop sévère et je me suis empressée de l'oublier ; mais la maladie, elle, ne m'a pas oubliée : elle m'a rattrapée après le tournage de La menace avec Alain Corneau, quelque vingt ans plus tard».

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