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Sous la Miséreuse accroupie...

Parmi les peintres les plus influents du XXe siècle, Pablo Picasso a aussi été l’un des plus étudiés. Mais son œuvre prolifique n’a pas encore livré tous ses secrets. En témoigne cette peinture de 1902 qui vient d’être analysée par une équipe internationale grâce à des techniques non invasives.

Conservée au musée des Beaux-Arts de l’Ontario, au Canada, La Miséreuse accroupie révèle petit à petit ses mystères. Cette peinture de 1902 est l’une des premières œuvres de la période bleue de Picasso. Malgré son apparente simplicité, son exécution est complexe, mêlant différentes couches, couleurs et textures. Déjà, en 1992, les experts s’étaient aperçus, grâce à un simple examen visuel, que la surface de certaines parties du tableau ne semblait pas en accord avec le sujet représenté. De même, des couleurs atypiques semblaient émerger des fissures.

Pour tenter de comprendre le mystère de La Miséreuse accroupie, une équipe internationale a soumis le tableau à des analyses plus poussées et non invasives, notamment grâce à l’imagerie à fluorescence X et à l’imagerie hyperspectrale à réflectance infrarouge. En isolant les différents éléments présents dans les pigments, comme le plomb, le chrome, le fer ou le cadmium, ces techniques permettent de révéler les divers coups de pinceau menant à l’œuvre finale.

Cette analyse montre que Picasso n’avait aucun scrupule à modifier une œuvre lors de son exécution. Ainsi, il a d’abord peint la femme avec un bras et une main droite tenant un disque avant de les recouvrir d’un manteau. Les images mettent également en évidence un tableau sous-jacent, déjà identifié auparavant aux rayons X. Il s’agit d’un paysage – peut-être le parc du labyrinthe d’Orta, à Barcelone – peint par un artiste inconnu. 

Sans doute par souci d’économie, Picasso a réutilisé cette toile pour exécuter son œuvre. Mais il s’en est aussi inspiré, puisque le dos de la Miséreuse s'adosse presque rigoureusement aux contours du paysage.

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