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SpaceX : le premier étage d’une Falcon 9 atterrit en douceur

En réussissant à envoyer des satellites en orbite tout en faisant atterrir le premier étage de sa fusée Falcon 9, le milliardaire Elon Musk espère pouvoir s’imposer sur le marché spatial.

Le milliardaire américain Elon Musk a tenu son pari. Après deux essais infructueux en janvier et en avril dernier, sa société SpaceX est parvenue, le 21 décembre, à faire atterrir en douceur le premier étage d’une fusée Falcon 9, onze minutes seulement après le décollage.

Le 21 décembre 2015, le premier étage d'une fusée Flacon 9 atterrit 11 minutes après son décollage. 

Sous l’œil des caméras, la fusée a quitté le pas de tir de Cap Canaveral, en Floride, à 20h29 (2h29, heure de Paris). Après quelques minutes d’ascension, le premier étage s’est détaché, mais au lieu de retomber dans l’océan, comme c’est souvent le cas, ce dernier a atterri sans problème sur un ancien centre d’essai de l’US Air Force. Pendant ce temps, le deuxième étage a poursuivi sa course et envoyé en orbite basse onze satellites de communication de la société Orbcomm.

Une première dans sa catégorie

Cet exploit constitue une première. Certes, le 23 novembre 2015, une fusée expérimentale New Shepard de la compagnie américaine Blue Origin avait pu atterrir après un vol à 100,5 km d’altitude (la frontière symbolique de l’espace se situant à 100 km).

Le vol de la fusée New Shepard, réalisé le 23 novembre 2015

La prouesse réalisée par SpaceX se révèle néanmoins d’une tout autre ampleur. Avec Falcon 9 et ses successeurs, Elon Musk dispose d’un lanceur opérationnel, réutilisable et capable d’envoyer sur une orbite basse (200 km, en l’occurrence) une charge utile à une vitesse plusieurs fois supersonique.

Lanceur d'occasion...

Derrière cet exploit se cachent bien évidemment des enjeux financiers. Depuis le désengagement du secteur public dans le lancement des satellites, les entreprises privées tentent de s’imposer. Avec ce nouveau succès, et malgré ses deux premiers échecs, SpaceX revient au premier plan dans la course aux lanceurs à moindre coût.

Le premier étage de la fusée Falcon 9, après son retour sur Terre

Reste à savoir si le concept d’un lanceur réutilisable est une bonne idée. En son temps, la navette spatiale américaine, qui reprenait ce principe, n’avait pas démontré l’intérêt du recyclage : le développement de la navette et son reconditionnement avant chaque vol se sont chiffrés en milliards de dollars. Dans le cas de Falcon 9, le premier étage représente la moitié du coût de la fusée, soit environ 30 millions de dollars, et l’on comprend l’intérêt de SpaceX à vouloir réutiliser ce module. Néanmoins, pour pouvoir atterrir par ses propres moyens, ce premier étage doit emporter un surplus de carburant au détriment de la charge utile. La remise en condition du premier étage constitue également un coût important. Et quid des clients à qui l’on proposera d’envoyer leurs satellites avec un lanceur d’occasion ?

Pour l’heure, ces interrogations ne semblent pas affecter le carnet de commandes de SpaceX qui compte déjà 130 satellites à placer en orbite. La société d’Elon Musk doit également lancer courant 2016 un lanceur plus lourd, Falcon Heavy. 

À lire également : Quel avenir pour SpaceX ?

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