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Sur la piste de la neuvième planète

Grâce à leur modèle planétaire, des chercheurs français apportent quelques précisions quant à l'existence possible d'une neuvième planète dans notre Système solaire.

Rappelez-vous. Au mois de janvier dernier, une équipe américaine avançait l’idée qu’une neuvième planète pouvait exister au fin fond du système solaire. Cette hypothèse s’appuie sur le fait que les objets de la ceinture de Kuiper – de petits corps similaires à Pluton situés au-delà de Neptune – ont des orbites orientées dans la même direction. Une telle répartition pourrait s’expliquer par la présence d’une planète massive dont l’orbite serait excentrée dans la direction opposée.

Un peu plus d’un mois après cette annonce, des chercheurs français de l’observatoire de la Côte d’Azur et de l’observatoire de Paris viennent conforter cette hypothèse en y apportant quelques précisions.

Une zone de recherche resserrée

Jacques Laskar, directeur de recherche CNRS à l'Observatoire de Paris

Depuis 2003, Agnès Fienga (Obs. de la Côte d'Azur) et Jacques Laskar (CNRS, Obs. de Paris) ont mis au point le modèle INPOP, capable de calculer la position des planètes du système solaire avec une extrême précision ; un modèle qu’ils peuvent éprouver notamment grâce aux données recueillies par la sonde Cassini actuellement en orbite autour de Saturne et qui permet de connaître la distance exacte entre la planète géante et la Terre avec une incertitude de seulement 100 m.

Du fait de sa masse – 10 fois celle de la Terre –, l’hypothétique 9e planète est susceptible de perturber très légèrement l’orbite des autres corps du système solaire. Les chercheurs français ont donc eu l’idée d’ajouter la nouvelle planète à leur modèle afin de vérifier que ce dernier donnait toujours des résultats cohérents, compatibles avec les observations. Et c’est le cas ! Mais sous certaines conditions…

Selon les chercheurs, la présence de cette planète est exclue dans certaines régions. Ce qui permet de réduire la zone de recherche initialement de 360 ° à seulement 180 °, en privilégiant une zone d’environ 20 ° où la probabilité de présence est un peu plus importante.

Reste maintenant à trouver cette fameuse planète. Avec une luminosité très faible, elle restera invisible aux astronomes amateurs même bien équipés. En revanche, elle pourrait être aperçue par le télescope Subaru situé à Hawaï qui dispose à la fois d’une luminosité importante et d’un large champ. La chasse ne fait que commencer…

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