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Tyrannosaurusrex : la fin d'un mythe ?

Des travaux récents montrent que Tyrannosaurus rex n’était certainement pas la bête de course que le cinéma nous a parfois présentée. Le plus terrible des dinosaures ne serait-il pour autant qu’un charognard apathique ?

T-Rex plutôt lent

Tyrannosaurus rex © DR

Une jeep filant à vive allure en pleine jungle et tentant d'échapper aux crocs acérés d'un tyrannosaure en furie… La scène, tirée du film Jurassic Park, est désormais célèbre. Mais un animal aussi gigantesque pouvait-il réellement courir à cette vitesse ? Pour John Hutchinson et Mariano Garcia, chercheurs à l'Université de Californie (Berkeley), la réponse est claire : Tyrannosaurus rex (T-rex pour les initiés) ne pouvait dépasser les 18 km/h !

(Résultats publiés dans la revue Nature, Vol. 415, p. 1018)

La preuve par la biomécanique

Sa carte d'identité... © CSI

Pour soutenir une telle affirmation, les deux scientifiques ont eu recours à la biomécanique, une branche de la biologie dont le principe consiste à extrapoler aux organismes vivants les lois de la mécanique. Hutchinson et Garcia ont ainsi développé un modèle numérique capable de définir à quelle vitesse la musculature d'un animal peut le propulser : un programme informatique qui tient compte à la fois de la masse de l'animal, de la structure et de la taille de ses membres locomoteurs, de leur amplitude de mouvement…

Testé sur des animaux contemporains (l'alligator et la poule), ce modèle s'est révélé exact. Mais avec le T-rex, l'affaire se corse : comment retrouver la musculature d'un animal disparu il y a 65 millions d'années dont seulement quelques rares fossiles subsistent ? En réalité, les os livrent de nombreux indices aux paléontologues. Par exemple, les traces laissées par les muscles à leur surface contribuent à retrouver les caractéristiques morphologiques du dinosaure avec une marge d'erreur assez réduite. Quant à savoir quelle était la force développée par les fibres musculaires, les chercheurs sont partis du principe que chez tous les animaux, les muscles squelettiques sont formés des mêmes protéines contractiles. Vraisemblablement, T-rex ne doit pas échapper à cette règle…

Charognard ou prédateur ?

Charognard ou prédateur ? © CSI

… et le verdict tombe : 18 km/h maximum. Pour parvenir aux 70 km/h suggérés par le film de Spielberg, il aurait fallu que 86% de la masse musculaire du dinosaure soit concentrée dans les seuls muscles de ses jambes, ce qui ne lui aurait pas laissé grand-chose pour le reste du corps !

A la publication de ces résultats, la presse ne manque pas de qualificatifs pour décrire T-rex : le monstre féroce ne serait en réalité qu'un mollasson, un dinosaure apathique, pire, un nécrophage. Force est de constater que ces travaux ravivent les flammes d'un débat ancien, celui opposant les partisans d'un T-rex prédateur à ceux estimant qu'il n'était qu'un simple charognard, incapable de poursuivre ses proies. Depuis près de trente ans, les avis s'opposent, en s'appuyant sur de nombreux arguments.

Une vitesse honorable

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