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Un amphibien de légende bat des records

Une équipe de chercheurs et de plongeurs ont retrouvé dans un lac souterrain en Croatie une espèce de salamandre, à des profondeurs jamais atteintes par un amphibien.

Découverte d'un olm au fond d'un lac souterrain en Croatie.© Petra Kovac-Konrad

Bébé dragon, salamandre des grottes ou encore poisson humain : tous ces surnoms se rapportent à une même créature mystérieuse, l’olm ou protée. Vivant dans les régions de l’ouest des Balkans et de l’Italie, l’animal vient d’être observé en Croatie, à des profondeurs encore jamais atteintes par un amphibien. Un exploit qui s’ajoute à la liste déjà longue de ses étonnantes aptitudes. A l’origine de cette découverte, une équipe internationale de biologistes et de plongeurs associés pour sa sauvegarde.

Le bruit court qu’il serait à l’origine des légendes sur l’existence de dragons en Slovénie, toute proche. Cet amphibien, en effet, a de quoi susciter la curiosité. Il vit caché dans le noir complet au fond des lacs souterrains. L’absence totale de lumière lui confère une couleur rose pâle plutôt insolite. Bien que de petite taille, en moyenne 35 centimètres, et aveugle, c’est le plus grand prédateur cavernicole au monde.

Ses aptitudes sont aussi hors du commun. Capable de trouver sa nourriture grâce à son odorat sur-développé, il peut néanmoins s’en passer pendant une dizaine d’année ! Ce qui ne l’empêche pas de pouvoir vivre jusqu’à 100 ans, avec des femelles qui ne pondent que tous les 6 à 10 ans...

Rare, caché dans l’obscurité des grottes, cet animal fabuleux est peu étudié par les scientifiques. Mais c’est sans compter sur la détermination des scientifiques à dénicher de nouvelles populations. Ce bébé dragon a été découvert dans un lac souterrain à 113 mètres de fond. À ce jour, aucun autre animal vivant dans ce milieu n’avait été retrouvé à une telle profondeur. La pression n’étant apparemment pas un facteur de stress pour l’olm, les scientifiques pensent qu’il peut descendre encore plus bas.

Pour mieux le connaître, d’autres plongées devront suivre. L’installation de caméras infrarouges plus performantes dans ses lieux de vie devrait aussi permettre d’en savoir davantage sur cet amphibien singulier.

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