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Une des plus fortes éruptions sous-marines du siècle décryptée

Bien plus nombreux que les volcans terrestres, les volcans sous-marins restent mal connus. En étudier un juste après une éruption est une opportunité rare qu’une équipe internationale de chercheurs s'est empressée de saisir.

Situé près de la Nouvelle-Zélande à 650 mètres de profondeur, le volcan Havre est rentré en éruption le 18 juillet 2012.© Université de Tasmanie, Australie/Institut océanographique Woods Hole

En août 2012, un avion de patrouille maritime repère un peu par hasard, en plein Pacifique, au large de la Nouvelle-Zélande, un phénomène étonnant. À perte de vue s’étend une zone couverte de pierres ponces flottant en surface. L’origine de ce banc qui dérive sur plus de 400 kilomètres carrés est découverte par recoupement, grâce à l'imagerie satellite.

Les pierre ponces flottant sur l'eau constituent les restes de l'éruption du Havre, un volcan sous-marin situé sur l’arc de Kermadec, à 650 mètres de profondeur, un mois auparavant, le 18 juillet. C'est la plus forte éruption sous-marine de ce type jamais enregistrée. La plupart du temps, ces éruptions passent inaperçues, alors que les volcans sous-marins représentent quelque 70 % des magmas expulsés des profondeurs de la Terre. Les scientifiques décident donc de tirer profit de cette opportunité et de cartographier de façon très précise ces fonds marins bouleversés. Leur étude est parue dans la revue Science Advances du 10 janvier.

Cette image, qui montre la dispersion de la pierre ponce autour des îles Kermadec, a été réalisée par le satellite Aqua de la Nasa, le 28 juillet.© Jeff Schmaltz, Nasa/Lance/Eosdis Modis Rapid Response Team, GSFC

Les chercheurs ont combiné des échantillonnages, des photos haute définition et des séquences vidéo prises grâce à des véhicules télécommandés comme le Jason. Pendant le cataclysme, la lave s’est écoulée de 14 évents (ou orifices) situés à plus de 1000 mètres de profondeur. Des pierres ponces de neuf mètres de diamètre ont été retrouvées et les scientifiques ont pu calculer qu'environ 75 % des matériaux expulsés flottaient à la surface. Ces résultats montrent que l'impact de ce type d’éruption était jusqu'alors largement sous-estimé et mal compris.

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