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Une IA au contrôle des frontières

Pour accélérer le transit dans les aéroports, l’Union européenne s'apprête à tester l’usage d’une intelligence artificielle en guise de contrôleur.

© iBorderCtrl

« Que transportez-vous dans votre valise ? Si j’ouvre votre valise, est-ce que j’aurai la confirmation que vous me dites la vérité ? » Voilà le type de questions qu’un avatar numérique pourrait vous poser si vous vous rendiez bientôt dans certains aéroports européens. Un système d’intelligence artificielle financé par l’Union européenne et baptisé iBorderCtrl va être testé pendant six mois à la frontière de la Hongrie, de la Lettonie et de la Grèce. Son but : accélérer les contrôles dans les aéroports.

Concrètement, avant de traverser la frontière, le voyageur devra fournir ses documents d’identité et se placer devant une webcam pour répondre à des questions. Les réponses seront alors passées au crible d’une sorte de détecteur de mensonges « nouvelle génération ». Basé sur une technologie de reconnaissance faciale développée par l'université Manchester Metropolitan, iBorderCtrl est censé évaluer si les réponses données par l’individu sont en adéquation avec ses expressions faciales, grâce à l’analyse de 38 micro-mouvements du visage. En cas de mauvais score, l’individu suspecté d’avoir menti est contrôlé par de véritables agents, 100 % humains cette fois !

Alors que ce projet soulève d'importantes difficultés éthiques, l’efficacité technologique du dispositif n’est pas garantie. iBorderCtrl a été testé sur 32 personnes seulement avant d’être mis en place et obtient un taux de réussite de 76 % pour le moment. Dernière critique, et pas des moindres : les bases scientifiques de l’analyse des micro-mouvements en matière de détection des mensonges sont loin de faire l’unanimité…

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