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Biologie & Santé

Une prothèse pour contourner les lésions de la moelle épinière

Grâce une prothèse électronique, une équipe internationale a réussi à faire remarcher un singe paraplégique.

Lorsque la moelle épinière est endommagée, l’influx nerveux provenant du cerveau ne peut plus parvenir aux muscles situés en dessous de la lésion, ce qui s’accompagne de paralysies graves : des paraplégies ou des tétraplégies. Pour l’heure, la chirurgie ne permet pas de réparer ces lésions. Malgré tout, grâce à une interface électronique, une équipe internationale vient de réussir à faire remarcher un singe paraplégique.

© EPFL

Dans la revue Nature du 10 novembre, les chercheurs décrivent comment, en juin 2015, un singe blessé à la moelle épinière a pu reprendre le contrôle de sa jambe paralysée grâce à cette interface électronique faisant la jonction entre son cerveau et la zone lésée. Conçue à l’EPFL (Lausanne, Suisse), cette neuroprothèse a été techniquement développée par un groupe international composé de Medtronic (USA), l’université Brown (USA) et le Fraunhofer ICT-IMM (Mayence, Allemagne). Elle a ensuite été testée chez le primate en collaboration avec l’Inserm, le CNRS, l’université de Bordeaux et le Centre hospitalier universitaire de Lausanne (Suisse).

Lésion court-circuitée

© EPFL

Concrètement, le cerveau de l’animal est équipé d’une sonde capable d’interpréter l’activité cérébrale en temps réel. Lorsque le singe décide de marcher, l’information émise par le cerveau est analysée par le système électronique, puis transmise – grâce à une connexion sans fil – à un récepteur placé sur la moelle épinière en dessous de la lésion. Le signal est ainsi relayé jusqu’au muscle de la jambe qui reprend alors son mouvement naturel.

Ce n’est pas la première fois qu’une interface électronique commandée par le cerveau permet de restimuler une zone paralysée. Mais l’originalité de ce nouveau système tient au fait qu’il mime le fonctionnement naturel du système nerveux et ne demande donc aucun apprentissage : pour le singe, le simple fait de vouloir marcher déclenche naturellement le mouvement de la jambe. De nombreux défis restent malgré tout à relever et il faudra encore plusieurs années avant que tous les composants de cette solution puissent être testés chez des êtres humains.

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