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ISS, quel bilan scientifique ?

Un dossier de science actualités

Le dossier

Une vocation avant tout politique

Initiée par les États-Unis, très vite rejoints par l’Europe, l’ISS est le fruit d’une collaboration étroite avec la Russie.

Successeur de l’ambitieux programme spatial Apollo (1961-1975), le projet de Station spatiale internationale (ISS) est annoncé en pleine Guerre froide par le président Ronald Reagan, en janvier 1984. Rejoint dès 1985 par l’Agence spatiale européenne (Esa) ainsi que par le Canada et le Japon, il entre dans une nouvelle phase grâce à l’accord scellé avec la Russie en 1993, après l’effondrement de l’Union soviétique. Une décision politique – l’heure est au rapprochement entre les deux puissances – et pragmatique : depuis la mise sur orbite, en 1986, de la station Mir, la Russie est pionnière dans le domaine des longs séjours spatiaux, alors que de leur côté, les États-Unis ont subi un grave revers en 1986, avec l’explosion de la navette Challenger et la mort des sept membres de l’équipage. En 2000, la première équipe envoyée sur l’ISS est emblématique de cette coopération, puisqu’elle réunit l’Américain Bill Shepherd et les Russes Sergueï Krikalev et Iouri Guidzenko. Et en 2015, ce sont deux ressortissants de ces mêmes pays – Scott Kelly et Mikhaïl Kornienko – qui ont été choisis pour le premier séjour d’un an à bord de l’ISS, afin d’étudier la santé des astronautes dans la perspective de voyages au long cours dans le Système solaire. Le partenariat entre les deux pays reste de fait indispensable : depuis l’interruption de leur programme de navettes spatiales, en 2011 – quelques années après l’explosion de Columbus et la nouvelle disparition d’un équipage – les États-Unis dépendent des vaisseaux russes Soyouz pour transporter leurs astronautes jusqu’à l’ISS. Du moins jusqu’à ce que le secteur privé américain – au premier rang duquel les sociétés SpaceX et Boeing – soit techniquement capable de prendre le relais, en théorie à partir de 2017.


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