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Le dossier

Un fléau de santé publique

Les bactéries résistantes représentent un coût colossal au plan humain, sanitaire et financier. En France, 12 500 personnes en meurent chaque année.

Révolution médicale du XXe siècle, les antibiotiques ont sauvé des millions de vie en traitant des maladies infectieuses auparavant incurables, comme la peste ou la tuberculose. Mais ils sont devenus aujourd’hui beaucoup moins efficaces. En effet, certaines bactéries se sont adaptées et sont désormais capables de se multiplier en présence de l’antibiotique qui auparavant les faisait disparaître ; d’autres, les plus préoccupantes, résistent même à l’action de plusieurs antibiotiques. Sur les 158 000 personnes qu’elles contaminent chaque année en France, les bactéries multirésistantes sont à l’origine de 12 500 décès (Santé publique France, étude Burden BMR, juin 2015). Soit plus de trois fois et demie le nombre de morts sur la route en 2015. 90 % des décès sont dus à des infections par les bactéries Staphylococcus aureus (staphylocoque doré) résistantes à la méticilline, Escherichia coli résistantes aux céphalosporines de troisième génération et Pseudomonas aeruginosa résistantes aux carbapénèmes (antibiotiques à large spectre). Dans le monde, selon l’OMS, l’antibiorésistance est responsable de 700 000 morts par an. Si rien n’est fait, le nombre de décès pourrait atteindre les 10 millions en 2050 et le coût de l’antibiorésistance s’élever à 100 000 milliards de dollars (91 760 milliards d’euros) (revue AMR, rapport O’Neill, mai 2016). En effet, de nombreuses retombées, dont les coûts s’additionnent, sont à prévoir : augmentation du nombre d’hospitalisations, allongement de la durée du séjour à l’hôpital, augmentation des arrêts de travail… Avec un impact évident sur la santé des populations et l’économie mondiale.


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