SCIENCE ACTUALITÉS.fr

Le magazine qui se visite aussi à la Cité des sciences et de l'industrie

Microbiote, une révolution médicale

Un dossier de science actualités

Le dossier

Vers une nouvelle médecine ?

La découverte du rôle de la flore intestinale dans le développement de certaines maladies conduit les chercheurs à tester de nouvelles thérapies.

Les études scientifiques explorant notre flore intestinale se sont multipliées ces dernières années. Avec, à la clé, des découvertes étonnantes : les milliards de bactéries qui logent dans l’intestin ne sont pas impliquées que dans la digestion. Elles jouent aussi un rôle dans le fonctionnement des systèmes immunitaire et nerveux. Voilà pourquoi on suspecte aujourd’hui l’implication de déséquilibres de la flore intestinale dans toute une série de maladies : inflammation chronique de l’intestin, obésité, diabète, allergies, polyarthrite rhumatoïde, cancer colorectal, dépression, autisme… Néanmoins, un lien de causalité n’a été démontré que pour des pathologies digestives (troubles du transit intestinal, ballonnements…) et certaines maladies métaboliques (comme l’obésité).

On ne comprend pas encore comment la flore intestinale intervient dans les autres maladies. Pour autant, un grand nombre d’experts estiment que ces découvertes ouvrent la voie à une nouvelle médecine, capable d’agir sur la flore intestinale à titre préventif (en entretenant un microbiote diversifié et riche) comme à titre curatif (en manipulant directement son microbiote). Certaines thérapies sont d’ailleurs déjà utilisées ou à l’essai, comme la transplantation de matières fécales ou la mise au point de bactéries génétiquement modifiées pour produire, par exemple, des molécules anti-inflammatoires dans l’intestin.

Autre découverte intéressante : la réponse à certains médicaments (chimiothérapies et immunothérapies) varie en fonction de la composition de notre microbiote. À l’avenir, il se pourrait bien que le séquençage systématique de nos microbes vienne compléter avantageusement le séquençage de notre ADN.


Retour en haut