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La vaccination en débat

Un dossier de Science actualités

Le dossier

Les raisons de la défiance

En France, on assiste à une baisse de la vaccination pour certaines maladies, notamment due à plusieurs controverses.

La vaccination jouissait d’une image plutôt positive en France. Son succès incontestable sur la baisse de mortalité et de morbidité pour des maladies graves écartait tout débat sur l’intérêt et l’innocuité des vaccins. Mais ces maladies ne font plus peur aujourd’hui et les Français sont de plus en plus nombreux à se méfier de ces piqûres.

Plus de 20 % de la population se dit plutôt ou tout à fait défavorable à la vaccination, contre 9 % en 2000, et environ 2 % refuse tous les vaccins (1). Par ailleurs, un quart des médecins expriment des doutes à l’égard de l’utilité et de l’absence de risques de certains vaccins (2). Les raisons de cette défiance sont multiples. Plusieurs controverses ont éclaté depuis la fin des années 1990 : l’ouverture d’une enquête judiciaire sur un lien suspecté entre vaccination contre l’hépatite B et sclérose en plaques, qui vient d’aboutir, en janvier 2016, à un non-lieu ; le fiasco de la campagne massive de vaccination contre la grippe pandémique A (H1N1) en 2009 ; une longue série de polémiques concernant la fiabilité des vaccins anti-papillomavirus contre certaines formes de cancer du col de l’utérus, certains pays allant jusqu’à suspendre leur recommandation de vaccination ; ou encore les accusations d’effets secondaires liés à la présence d’adjuvants dans la plupart des vaccins.

À cela s’ajoute en France une pénurie sans précédent de vaccins pédiatriques depuis fin 2014, ainsi qu’un calendrier vaccinal extrêmement complexe. Conséquence : on assiste à une baisse de la couverture vaccinale, en particulier contre la grippe, ainsi qu’à une résurgence de foyers épidémiques, notamment de rougeole et de coqueluche.

(1) Baromètre santé 2014, réalisé par l’Inpes (2) Enquête de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) menée sur 1 500 médecins généralistes en 2015.


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