| |
 |
 |
| |
François
Moisan |
|
|
| |
|
|
|
|
Les enjeux de long terme de la maîtrise
de l’énergie : ouvrir les options
La scène énergétique mondiale du XXIe siècle
ne sera certainement pas un long fleuve tranquille dont les méandres
seraient limités par le jeu de quelques acteurs façonnant
les équilibres entre l'offre et la demande dans un marché
quasiment parfait.
La mondialisation des économies s'accompagne d'un vaste mouvement
de mise en concurrence des opérateurs là où les Etats
étaient, par le passé, les principaux décideurs et
bâtisseurs des filières énergétiques. L'énergie
serait devenue une "commodité" comme une autre, le marché
apportant les signaux nécessaires à satisfaire les besoins
de chacun au moindre coût. Et il faut convenir que dans les pays
industrialisés du moins l'énergie n'est pas une préoccupation
majeure des citoyens. Elle est disponible et relativement peu coûteuse.
Pourtant, l'énergie reste l'un des principaux thèmes de
débat dans les agendas des grandes conférences internationales
qui s'attachent à définir les nouvelles règles de
gouvernance d'un monde aussi interdépendant et aussi peu solidaire.
Le Sommet de Johannesburg a fait reconnaître que l'accès
à l'énergie est une priorité pour des milliards d'individus
qui en sont privés et que les modes de développement des
pays industrialisés ne pouvait être généralisés
à l'ensemble des habitants de la planète. Les ressources
d'énergie fossile ne sont pas inépuisables et les conditions
d'approvisionnement seront de plus dépendantes des équilibres
géopolitiques. Même si, en France, le pétrole ne couvre
qu'une part limitée de nos besoins il reste stratégique
et , aujourd'hui encore, sans alternative pour un secteur comme celui
des transports. Mais ce sont les contraintes du changement climatique
qui constituent sans doute le défi majeur auquel nos systèmes
énergétiques seront confrontés dans les décennies
à venir. Les scientifiques continuent de souligner les incertitudes
sur l'ampleur du phénomène et ses impacts mais leur cri
d'alerte est de plus en plus unanime : nous ne pouvons attendre de savoir
tout pour agir tant les enjeux sont considérables.
« La prophétie de malheur est faite pour éviter
qu'elle ne se réalise ; et se gausser ultérieurement d'éventuels
sonneurs d'alarme en leur rappelant que le pire ne s'est pas réalisé
serait le comble de l'injustice : il se peut que leur impair soit leur
mérite. »
Hans Jonas. « Le principe responsabilité », 1979
|
|