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Marie-Christine
Zelem |
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Les contraintes sociologiques au
développement des énergies renouvelables en France
Aujourd'hui, l'utilisation des Energies Renouvelables s'appuie sur des
systèmes techniques performants. Elle s'accompagne de créations
d'emplois et ne contribue pas à l'effet de serre. Ces énergies
sont en mesure de participer au développement économique
local et à la création d'activités industrielles.
Pourtant, leur diffusion reste balbutiante.
Trois raisons principales à cela :
1/ Ces énergies sont très mal connues du grand-public
:
Elles souffrent d'un déficit d'image.
Énergies traditionnelles, elles ont du mal à devenir des
énergies du futur et sont souvent présentées comme
de simples énergies d'appoint, ce qui les discrédite aux
yeux de leurs utilisateurs potentiels. On ne les enseigne pas dans le
cadre scolaire ; la presse en parle peu ; le grand public, tout comme
la majorité des décideurs locaux d'ailleurs, ne disposent
d'aucun élément de comparaison ; les ingénieurs eux-mêmes
abordent leur question de manière quasi anecdotique dans leur formation
; lorsqu'ils sont sollicités, les installateurs ont de grandes
difficultés à apporter la bonne information ; qui plus est,
personne ne sait vraiment où s'adresser pour «voir comment
ça marche»… autant de paramètres peu propices
à leur diffusion. Cela explique que les Energies Renouvelables
sont aussi et surtout considérées comme des énergies
expérimentales.
2/ Adopter ces énergies nécessite d'importants
efforts pour des avantages relatifs :
Pour le particulier comme pour le décideur public, adopter une
énergie renouvelable s'apparente à un véritable «parcours
du combattant». Les efforts à fournir (financiers, en démarches,
en conseils…) sont finalement assez mal «récompensés»
: les aides, subventions et autres primes, sont souvent symboliques, les
économies financières relatives, les économies d'énergie
tardives et les effets sur l'environnement négligeables à
l'échelle individuelle ou d'une commune et tout à fait imperceptibles
à court terme. A contrario, l'électricité produite
par le réseau EDF, est assimilée à une forme d'énergie
domestiquée, canalisée, contrôlée, sans danger.
Elle paraît propre, est facile d'installation et s'accompagne d'un
service plutôt efficace.
3/ Le développement de ces énergies doit se réaliser
dans un contexte technique dominé par la culture du «tout
nucléaire/tout fossile».
Ce sont les choix techniques des grands corps de l'Etat qui s'imposent
et conditionnent les orientations en matière d'énergie.
En France, la mise en œuvre des politiques énergétiques
repose sur une culture de production d'électricité très
centralisée qui se décrète sans véritable
alternative.
En fait, les problèmes n'étant pas d'ordre technique, reste
à relever deux défis : construire une culture «énergies
renouvelables» et offrir de réelles opportunités à
la diversification des modes de production de l'électricité.
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