| L’homme
entretient avec la mort une relation très ancienne. Elle
s’exprime par l’existence d’une multitude de
pratiques funéraires, très variables en fonction
de critères biologiques, culturels, sociaux, etc.
Aborder les relations entre les vivants et les morts de sociétés
du passé, pour lesquelles nous n’avons pas ou plus de
traces écrites, est un problème assez délicat,
d’autant plus difficile à apprécier, à cerner, à étudier,
que l’on remonte le temps.
Néanmoins, des méthodes précises ont été mises
au point pour aborder ces problématiques sous un angle scientifique.
Cela laisse le moins de place possible à « l’imagination ».
Ces méthodes se fondent essentiellement sur l’analyse
de la disposition des restes humains lors de la fouille et de leurs
relations avec les contextes archéologiques et sédimentologiques
environnants. Il s’agit de l’étude taphonomique
du milieu livrant les restes fossiles et de ces derniers. C’est
une véritable « anthropologie de terrain ».
Ainsi, nul doute que les pratiques funéraires au Néolithique
montrent déjà une extrême variabilité,
que c’est avec l’Epipaléolithique et le Mésolithique
qu’apparaissent les premières nécropoles, que
les Hommes modernes du Paléolithique supérieur ont
inhumé certains de leurs morts avec des rituels complexes,
différents d’une région à l’autre
de l’Europe. Dans cette partie de l’Eurasie, les pratiques
funéraires de leurs prédécesseurs chronologiques – les
Néandertaliens – font toujours l’objet de débats
d’autant plus passionnés que ces derniers sont assez
largement reconnus comme les membres d’une espèce différente
de celle des Hommes modernes (lHomo sapiens sapiens). Pourtant, c’est
avec les plus anciens membres de la lignée néandertalienne,
vers 350.000 ans que pourraient apparaître les premiers gestes
mortuaires qui traduiraient peut-être une préoccupation « de
type funéraire » des vivants envers leurs morts.
samedi 18 octobre 2003, 11h - Auditorium |