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Pourquoi les étoiles brillent-elles ? De quel
feu brillent-elles ? Quel message nous envoie leur lumière ? Lorsque
Hernan Cortès demanda aux Aztèques d’où venait
le fer de leurs poignards, ils lui montrèrent le ciel. Ils avaient
raison : c’est bien dans les étoiles que se fabrique le
fer, comme tous les autres atomes dont sont faites les choses. Cette
série de cours va nous plonger dans le creuset de l’alchimie
stellaire. Comment expliquer la variété et la répartition
des atomes ? Quand et comment ont-ils été formés
? Le secret des secrets n’est plus la fabrication de l’or
mais l’émergence de toute la matière, dans les débris
des étoiles explosées.
Les atomes, pièces élémentaires du mécano
de la nature, sont au cœur de la matière. L’immense
variété de densités, de propriétés
chimiques, de couleurs ou de textures des choses qui nous entourent peut être
expliquée avec un petit nombre d’atomes, 92 très
exactement. Comme les pièces de mécano, ils sont rangés
dans une boîte, construite par le chimiste russe Dimitri Mendeleïev à la
fin du XIXe siècle, nommée « classification
périodique ».
Les atomes, formés d’un noyau de protons et de neutrons
autour duquel se meuvent des électrons, y sont rangés en
fonction croissante du nombre de leurs électrons. La démographie
atomique a aussi son importance : dans la nature, tous les atomes ne
sont pas présents dans les mêmes proportions. Si les métaux
précieux, comme l’or, l’argent ou le platine, sont
plutôt rares, les éléments vitaux, comme le carbone,
l’azote et l’oxygène sont en revanche très
abondants. La répartition terrestre n’est cependant pas
représentative de celle qui prévaut dans l’univers.
Ainsi, dans le Soleil, les atomes autres que l’hydrogène
et l’hélium ne représentent que 2 % de la masse de
notre étoile.
Les atomes n’ont pas toujours été présents.
Il y a environ 13,7 milliards d’années, il n’y avait
guère que des photons, des protons, des neutrons et des électrons.
L’expansion de l’univers refroidit ce gaz très chaud
autorisant la combinaison stable de protons et de neutrons : les premiers
noyaux atomiques, deutérium et hélium, apparaissent. Cette
période de nucléosynthèse cesse en quelques minutes
ne laissant sur le terrain que les noyaux les plus légers. Pour
construire des noyaux plus lourds (c’est-à-dire ayant un plus
grand nombre de protons et de neutrons) il faut recréer ces conditions
favorables et accorder beaucoup plus de temps aux réactions nucléaires.
C’est au cœur des étoiles, réacteurs nucléaires à confinement
gravitationnel, que se situe le creuset des noyaux plus légers que
le fer. Les étoiles les plus massives, en explosant violemment, éjectent à grande
vitesse leurs produits de nucléosynthèse. Petit à petit,
ces supernovae enrichissent le milieu interstellaire en noyaux lourds qui
entreront dans la composition des futures étoiles. Absents au début
de l’univers, ils représentent désormais 2 % de la
masse de matière lumineuse : notre Univers est encore très
jeune du point de vue de son évolution nucléaire. Sans la
nucléosynthèse stellaire et les supernovae, l’univers
serait un endroit fort peu intéressant ne contenant que les deux éléments
primordiaux, l’hydrogène et l’hélium. |
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