| On a du mal à imaginer
aujourd’hui que la matière n’a pas toujours été
une quantité dont la masse (inertielle ou gravitationnelle)
soit la mesure. « Des Grecs à nos jours »,
en passant par l’âge d’or de la science arabe
et le Moyen Age européen – pour ne parler que de cette
tradition- là – deux conceptions se sont disputées
le terrain, pour finalement arriver à ce que l’on n’ose
appeler simplement une combinaison des deux, tant les deux conceptions
ont été altérées lors de ce processus
historique. Ces deux conceptions sont d’une part la conception
atomiste, réductionniste, dan laquelle la matière
a une structure discontinue et n’est autre que la réunion
de ses constituants, libres et inaltérables, se déplaçant
dans le vide (dont cette conception est inséparable) ; d’autre
part, une conception que l’on dit hylémorphique,
fondée sur la notion de substance, union inséparable
de la matière et de la forme, excluant l’idée
de vide, continue. Les noms de Démocrite et d’Aristote
sont associés à ces deux conceptions initialement
antithétiques. La science moderne s’est constituée,
au 17 ème siècle, en réaction à la conception
aristotélicienne, déjà considérablement
altérée lors de sa transmission des Grecs aux Arabes
puis à l’Europe, prédominante à l’époque
parce que l’Eglise l’avait adoptée. Ces deux
conceptions, ainsi que la vision du monde qu’elles supportent
l’une et l’autre, seront examinées de façon
volontairement anachronique, en soulignant les points sur lesquels
l’évolution de la physique post-galiléenne butera
lors de son développement.
jeudi 27 novembre 2003, 18h30 - Auditorium |