|
Des machines branchées sur le cerveau |
|
|||||||||
|
|
|||||||||||
Jean Delbeke Voilà bien un sujet de recherche qui alimente
d’inquiétantes fictions délirantes. Il doit d’urgence être
démystifié afin que l’humain y retrouve sa place
et la science son intégrité. Il n’existe d’ailleurs pas de port d’entrée prêt à recevoir une connexion extérieure. En 1749, dans sa fameuse « Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient », Diderot formule la conjecture que la fonction visuelle se construit en réponse aux interactions avec le monde extérieur. L’évolution des connaissances lui a largement donné raison et a étendu ce principe à la plupart des fonctions cérébrales. La communication avec le cerveau ne peut se faire que par un canal sensoriel qui a été utilisé avant un certain âge critique. Chez l’adulte, il faudra donc recourir à un canal existant, au risque de perturber une fonction normale à moins que celle-ci ne soit plus utilisée suite à un handicap. Voilà pourquoi les réalisations pratiques actuelles concernent essentiellement le domaine des prothèses. L’exemple de la prothèse visuelle nous montre que l’interface entre le système nerveux et l’implant représente toujours le facteur limitant. Parmi les approches possibles, la manipulation de champs électriques à partir d’un nombre limité de contacts permet d’éviter les difficultés d’un branchement parallèle. Les résultats obtenus mettent en lumière la complexité du codage spatio-temporel de l’information neurale en particulier dans le nerf optique. Une évaluation des performances fonctionnelles et des données de la littérature suggère que le niveau actuel du développement des prothèses visuelles correspond à celui des prothèses cochléaires, il y a environ 20 ans. L’avenir est prometteur, mais nous sommes loin des cyborgs, hommes bioniques et autres robots-sapiens ! Pourtant, le monde des machines branchées sur le cerveau n’est peut-être pas si différent de l’environnement naturel auquel notre cerveau s’est adapté. La réalité virtuelle connaît ses dépendances et entraîne des frustrations semblables à la privation d’un sens. Nos perceptions pourraient-elles représenter une illusion à laquelle nous nous sommes attachés comme des drogués ? À l’opposé, certains sourds ou aveugles peuvent nous convaincre du caractère réel de leur perception du monde au point que certains craignent qu’un implant de substitution ne les prive d’une part d’eux-mêmes. Une part de culture ? D’identité individuelle ? D’insertion à un réseau humain propre ? |
Livres Sites Intracortical Visual Prosthesis Intraocular Retinal Prothesis Group The Boston Retinal Implant Project Entreprises : Rehabilitation Technology for Neurologically Impaired Sites didactiques sur la vision
: Règles, lois et standards
américains concernant les appareils
|
||||||||||