| |
|
  |
| Visionnez la conférence |
Vidéo et documents
indexés (Haut
débit*) Audio-vidéo Documents |
  |
Françoise
Héritier
Anthropologue, Collège de France.
Théorie anthropologique de l’évolution
« La
question est moins celle de savoir quel est le bénéfice de
la reproduction sexuée et de l’existence de deux sexes que
celle de comprendre pourquoi ces deux sexes dans le monde de l’humain
sont caractérisés non seulement par leurs différences
anatomiques, physiologiques et par l’asymétrie de leurs fonctions,
mais aussi et surtout par une hiérarchie sociale, qui traduit universellement
une valence différentielle des sexes au bénéfice du
sexe masculin, en termes de représentations, mais aussi de liberté d’action
ou de pouvoir.
Une réponse à cette
question passe par un grand scénario des origines et postule
que cette hiérarchie, - loin d’être un effet d’une évolution
historique qui aurait vu au Néolithique à la fois la
connaissance par l’humanité du rôle du père
dans la procréation, la révolution agricole et la mise
en place du patriarcat -, s’est construite dès l’origine
du genre Homo sapiens à partir de la réflexion de ses
membres, hommes et femmes, sur des aspects constants du monde dans
lequel ils étaient plongés qui leur posaient problème
et auxquels ils ont tenté d’apporter des réponses
réfléchies.
La principale observation, de ce point
de vue, est celle de l’étonnante capacité des femmes
(et femelles animales) de produire à la fois des corps semblables à elles-mêmes,
mais surtout des corps différents d’elles-mêmes.
D’où pouvait venir cette capacité ? Ce sont les
réponses à cette question fondamentale, telles que les
enregistre le savoir ethnologique, qui mettent sur la voie de la construction
de la hiérarchie, comme concomitante de l’histoire du
genre Homo. » |
|

Livres
Bibliographie
proposée par
F.Héritier
|
| |
 |
| |
Pierre-Henri
Gouyon |
|
|
|
Pierre-Henri Gouyon
Directeur du laboratoire UPS-CNRS d’Ecologie, Systématique et Evolution,
professeur à l’université Paris-Sud, à l’Agro
et à l’Ecole Polytechnique
Femelle / Mâle que nous dit l’évolution
?
« Dès
avant le milieu du XXe siècle, Darlington affirmait : « Il
n'y a pas loin de l'hérédité à l'infection ».
Les connaissances actuelles sur la biologie du sexe lui donnent étrangement
raison. Le sexe suppose, chez beaucoup d’espèces, la fusion
de deux cellules, les gamètes. Cette fusion produit l'œuf
qui se développera en embryon, puis en individu. Ces deux gamètes
peuvent être semblables morphologiquement. C'est le cas chez de
nombreux champignons et algues. Chez les animaux et les plantes à fleurs
(souvent appelés organismes supérieurs sans doute parce
qu'ils nous accompagnent au sommet de la pyramide de la création),
les gamètes sont de tailles très différentes. L'un
des deux gamètes est gros, plein de réserves énergétiques
et, en général, immobile. On l'appelle ovule, il constitue
le côté femelle de la reproduction sexuée. C'est
lui qui fournira à l'œuf toutes ses ressources énergétiques.
L'autre est petit, souvent mobile ; on l'appelle spermatozoïde.
Il constitue le côté mâle de la reproduction sexuée.
Il n'apporte quasiment rien d'autre à l'œuf que ses chromosomes. « Le
spermatozoïde, c’est le bandit à l’état
pur » a dit Cioran. De là à ne voir dans le mâle
qu’un parasite.... » |
|