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Jean Eisenstaedt, directeur de recherche
au Cnrs, historien de la relativité, de l'optique newtonienne, de l'astronomie,
Observatoire de Paris
C'est l'histoire d'une théorie, la relativité générale
qui, après 1915, s'impose pour de très bonnes raisons, théoriques
aussi bien qu'observationnelles, mais sans parvenir, avant longtemps, à
convaincre beaucoup de monde. Il faut dire qu'elle n'apporte alors que quelques
maigres décimales a la théorie de Newton qui restera longtemps la
théorie de référence de la gravitation. Elle exige en contrepartie
un investissement mathématique qui n'enchante pas beaucoup de physiciens,
d'astronomes et dont beaucoup aimeraient bien se passer...
Ainsi la relativité générale va traverser, des années
vingt aux années soixante, une longue période bien difficile pour
ceux qui l'on choisit pour spécialité. Elle domine son champ mais
provoque beaucoup de mauvaise humeur et n'attire que fort peu de chercheurs. Elle
est mal vue, mal aimée et doit sans cesse être défendue.
Mais, contre vents et marées, elle résiste aux assauts, aux attaques,
a l'indifférence et finalement voit dans les années soixante son
interprétation se renouveler - essentiellement grâce à la
cosmologie et aux trous noirs. Bientôt, en particulier grâce aux objets
stellaires "exotiques" qui impliquent des champs forts, son domaine
observationnel - l'astrophysique relativiste - va exploser. Les critiques vont
se taire. Désormais c'est le renouveau d'une théorie qui ne cesse
d'étonner…
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