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Dominique Lestel, philosophe et éthologue,
maître de conférence à l'Ecole normale
supérieure, chercheur au sein du Laboratoire d'éco-anthropologie
et d'éthnobiologie du Museum
national d'histoire naturelle
L'éthologue doit être contre-intuitif pour devenir réellement
pertinent sur la communication animale. Il doit être intelligent jusqu'à littéralement
devenir bête. Heureusement, la communication avant tout inter-spécifique. « cousin
de cousins » avec tous les animaux, l'éthologue peut raisonnablement
parier sur la possibilité d'en décrypter la logique. Il suppose à tort
qu'il est capable de repérer d'emblée ce qui est de
l'ordre de la communication chez l'animal et il doit abandonner le
référentiel du langage. La communication animale n’est pas
le langage de l'animal. Communiquer n'est pas nécessairement
un comportement en soi au même titre que chasser une proie. Dans le mimétisme,
l'animal est lui-même à la fois l'émetteur, le
message et la communication elle-même. Un chien est d'abord un message
pour un autre chien. Quels sont les animaux qui sont capables d'être
de surcroît des locuteurs capables d'être des messages générateurs
de messages ? Le chercheur doit développer une imagination aussi dingue
que celle de l'Evolution.
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