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Pascal Picq, paléo-anthropologue,
maître de conférence au Collège de France
Le langage articulé n'est pas apparu parce qu'il fallait que l'on parlât.
Les recherches sur les origines du langage articulé ne dépassent
pas cet écueil de la nécessité. Comment imaginer qu'en raison
de pressions de sélection de l'environnement qu'elles soient naturelles,
sexuelles ou sociales notre cerveau se soit nanti en même temps des capacités
cognitives idoines alors que le larynx serait descendu fort opportunément
pour transmettre la parole ? Selon les hypothèses, le langage apparaît
parce que cela entre dans une finalité de l'histoire de la vie orientée
vers l'homme. Une explication aussi satisfaisante qu'anthropocentrique. Pour d'autres
ce serait un module propre à notre cerveau sans homologue dans le cerveau
des autres espèces. Un constat qui écarte la question des origines.
Dans toutes ces approches, on décèle la volonté de faire
ressortir ce qui est exclusivement humain avec cette tautologie infaillible :
le langage articulé a telle caractéristique qui n'existe pas chez
l'animal ; donc le langage est apparu pour cela. Démarche basée
sur une épistémologie dépassée qui s'appuie sur un
empirisme archaïque et qui néglige tous les avancés faîtes
en éthologie et en psychologie comparée.
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