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Jean-Yves Pollock,
professeur, faculté des langues de l'université de
Picardie (Amiens), directeur de recherches au département
de linguistique de l'université Paris-8, membre associé
de l’Institut Jean Nicod, CNRS
Chez l'enfant de deux ans, on constate une « explosion
grammaticale » qui s'accompagne d'une connaissance « phénoménale »
de la syntaxe. Dès cet âge, il domine l'accord des
genres. Capacité qui démontre une maîtrise naturelle
de la langue. On peut donc supposer que l'enfant est prédisposé,
qu'il y aurait comme une sorte de « boîte noire »
dans le cerveau, que je nomme : la prédisposition du
petit humain à parler (faculté de langage de notre
espèce). On remarquera que l'on parle « d'acquisition » du
langage et « d'apprentissage » des mathématiques
ou d'une autre langue…
Autre fait étonnant, est que l'enfant non seulement mémorise
les mots mais également appréhende le « concept ».
Il y a donc présence de langage « non verbal ».
Entre trois et six ans, les enfants peuvent apprendre jusqu'à
dix mots par heure. C'est à cette période que s'opère
une rencontre « unique » avec les mots.
L'enfant possède donc une faculté « innée »
qui est en « attente », qui ne demande qu'à
être « activée »…
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