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Gilles Dowek, professeur à l'Ecole
Polytechnique, chercheur au Laboratoire d'informatique (LIX) de l'Ecole Polytechnique
et de l'Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA).
Au cours de l'année 1594, le mathématicien Adriaan van Roomen lançait
un défi à ses contemporains : celui de résoudre une équation
du quarante-cinquième degré qu'il avait concoctée. Quand
l'ambassadeur de Hollande lui fit part de ce défi, Henry IV fit appeler
l'un de ses conseillers, juriste et mathématicien, François Viète,
qui trouva une solution immédiatement, en en trouva vingt-deux autres le
lendemain. L'honneur du roi était sauf.
Cette anecdote n'est pas isolée dans l'Histoire des mathématiques :
Fermat, Pascal, et beaucoup d'autres mathématiciens ont mis leurs contemporains
au défi de résoudre un problème dont ils connaissaient la
solution.
Les mathématiques ont une Histoire officielle, celle des mathématiques
sérieuses, et une Histoire parallèle, beaucoup plus ludique, celle
des défis et des jeux, celle de la gratuité.
Il n'en reste pas moins que ce visage ludique des mathématiques ne peut
se suffire à lui-même. Il n'existe que parce que les mathématiques
sérieuses existent aussi, et d'abord.
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