Thérèse Delpech,
chercheur associé au Centre
d'Études et de Recherches Internationales (CERI, FNSP)

On dit souvent que le 11 Septembre a marqué la fin de la guerre froide, ou, en tout cas, de l’après-guerre froide. C’est un jugement qui peut être contesté, car on peut aussi bien soutenir que la fin de l’après-guerre froide a commencé en 1998, au moment des essais nucléaires indiens et pakistanais et des essais balistiques de l’Iran, du Pakistan, et de la Corée du nord. Mais ce qui est sûr, c’est que ces attentats, par l’idéologie qui les soutendait, la méthode qui a été retenue (des avions utilisés comme des missiles de croisière), le nombre de victimes et l’ampleur des conséquences qu’ils ont eue ont ouvert un chapitre tout nouveau dans l’histoire du terrorisme. Ils ont aussi profondément modifié la politique extérieure des Etats-Unis, dont la place sur la scène internationale après la chute de l’URSS est si singulière que sa politique a d’emblée des effets globaux. La guerre conduite en Afghanistan dès 2001, avec l’accord du Conseil de Sécurité et de l’Assemblée Générale des Nations Unies, a été la conséquence militaire la plus immédiatement visible, mais deux ans plus tard, en 2003, la campagne conduite contre l’Irak de Saddam Hussein a été précipitée par le sentiment que l’Amérique ne pouvait plus se contenter de poursuivre la politique de « containment » dont l’administration Clinton s’était contentée pendant huit ans. Le choix de promouvoir de façon explicite la démocratie au Moyen-Orient est aussi directement lié à l’analyse qui est faite à Washington des causes du 11 Septembre. Enfin, le programme de défense du sol américain « Homeland Defense », qui rassemble des sommes considérables, mais qui a montré d’importantes limites lors de l’ouragan Katrina, est un enfant du 11 Septembre. La question principale qui sera abordée dans cette Conférence portera sur l’avenir des conflits après le 11 Septembre, et sur les scénarios que l’on peut faire pour le XXIème siècle sur ce sujet.
