
| Mardi 17 janvier 2006, 18h30 à l'auditorium |
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Comprendre les énergies du futur nécessite une approche systémique tenant compte de l'interdépendance des facteurs et des mécanismes de régulation. Cette approche permet de relier économie et écologie, écosystèmes et écocapital.
Le concept de "développement durable" oppose trop souvent développement économique et protection de l'environnement dans un affrontement stérile. La notion de "développement adaptatif régulé" lui est préférée. Elle présente trois avantages. Le développement de la planète est envisagé sous l'angle d'un organisme susceptible de croître harmonieusement. Adaptatif, signifie que ce développement s'adapte à son environnement. Enfin, la régulation est le rôle des "écocitoyens", chacun étant responsable de ce développement équilibré. Pour l'heure, la prise de conscience n'est pas suffisante. Le chacun pour soi l'emporte sur le chacun pour tous.
Au-delà des énergies « classiques » désormais bien connues (charbon, pétrole, gaz, nucléaire ), il convient de s'intéresser aux énergies dites « renouvelables » et surtout à leurs interdépendances. On peut ainsi décrire cinq formes d'énergies solaires directes et indirectes (photovoltaïque, thermique, hydroélectrique, éolienne, biomasse) et leur renforcement dans des grilles multimodales de production, de stockage, de distribution et d'économie d'énergie.
Les différents modes de transport de demain devront tenir compte des formes d'énergie disponibles, dans un contexte de limitation des ressources pétrolières. La voiture hybride, qui comporte deux moteurs, à essence et électrique, est déjà une réalité. Les modèles les plus avancés consomment aujourd'hui 3 à 4 litres aux 100 km, ce qui fait qu'ils émettent deux fois moins de CO2 que les véhicules classiques
Au cours des vingt prochaines années, les voitures à pile à combustible (PAC) fonctionnant à l'hydrogène devraient prendre le relais. La PAC n'est plus une innovation de science-fiction, car elle est utilisée en astronautique et en aéronautique. Pour que son développement se généralise, il faut que l'on soit capable de produire des versions "micro", pour les téléphones et les micro-ordinateurs, des versions moyennes domestiques pour les maisons et les voitures, et des versions de capacité importante pour alimenter des quartiers entiers. Un des problèmes posé par l'utilisation de l'hydrogène reste celui de sa production. Actuellement on produit surtout de l'hydrogène avec du gaz naturel. Cependant, des voies intéressantes de production sont représentées par la biomasse avec les déchets agroalimentaires, l'électrolyse de l'eau ou la culture massive d'algues photosynthétiques.
Croissance et consommation à tout prix ne sont pas compatibles avec développement durable et protection de l'environnement. Le développement des sociétés industrialisées soumises aux valeurs de l'économie de marché met en danger l'équilibre du monde. Dans le système actuel, l'économie tourne en circuit fermé, de manière déconnectée de l'environnement. Et les lois du marché ne permettent pas de réguler les effets de l'industrie et des technologies sur l'écosystème. Notre avenir passe par une étroite symbiose entre économie et écologie
Il convient de changer les mentalités et de modifier les pratiques individuelles de transport, de consommation d'énergie, de biens et de services. Chacun doit se mobiliser à son niveau : citoyens, ONG, pouvoirs publics, entreprises. Seul l'écocivisme au quotidien, multiplié par des millions d'individus, aura un impact sur l'écosystème planétaire. C'est l'un des choix collectifs les plus importants que l'humanité aura à assumer dans les vingt ans à venir.
