Je vous écris ce jour suite à une visite sur le site de la cité des Sciences
qui m'a extrêmement choquée.
Il s'agit plus précisément de l'interview dans la rubrique "Actualité"
d'Élisabeth Roudinesco à propos du rapport de l'Inserm
sur "l'évaluation des psychothérapies" paru le 26 février dernier.
Cette interview est un tissu de haine, de prétention, d'ignorance, de mépris
tant pour les autres approches thérapeutiques (que la sienne) que (plus graves encore)
pour les personnes en souffrance (les patients).
S'ajoute à cela une désinformation sur une étude qui a été menée par l'Inserm
(institut difficilement soupçonnable de partialité) avec des experts de TOUS LES COURANTS dont Jean-Michel Thurin, psychiatre-psychanalyste.
Comment peut-on laisser dire que les thérapies ne sont pas évaluables alors que cela se fait chez nos voisins anglo-saxons et qui permet avant tout une garantie pour les patients ?
Comment peut-on laisser dire que les personnes qui font une thérapie cognitivo-comportementale sont des "rats de laboratoire" C'est une injure et c'est indigne.
Nous ne sommes pas des rats de laboratoires, preuve en est :
J'ai eu l'occasion d'être invitée et consultée plusieurs fois à la Direction Générale de la Santé en tant que présidente de Médiagora Paris en compagnie de Claude Finkelstein, présidente de la FNAP PSY (et qui a fait partie des fondateurs de la Cité de la Santé) et de Jean Canneva, président de l'UNAFAM. J'ai ainsi eu l'occasion de rencontrer Madame Jeanne Étiemble qui dirigeait l'évaluation.
Aujourd'hui, je vous écris pour soutenir le principe de démarche (très attaquée) et innovante de mener une évaluation des psychothérapies en France. Quelqu'en soit les résultats,
le principal but pour nous, usagers en santé mentale, est d'avoir le droit légitime d'être le mieux informé possible sur toutes les formes thérapeutiques qui peuvent nous aider et nous soulager.
Je ne défends en rien une dérive possible qui serait de "standardiser" le soin en psy.
L'important reste le choix et le libre-arbitre des patients MAIS... en bonne connaissance de cause.
Celui qui se fait opérer se renseigne sur l'hôpital ou la clinique ainsi que sur le chirurgien. En psychologie, il n'y a pas de risque d'échec dans l'intervention chirurgicale mais sur le long terme, certains pratiques peuvent faire des dégâts tout aussi graves.
L'objectivité voudrait que l'on donne la parole à tous les protagonistes concernés par le rapport :
- les psychanalystes
- les comportementalistes
- ET....... LES PATIENTS !
Je vous joins donc à cet effet une lettre ouverte que j'ai rédigée (et validée par Claude Finkelstein pour la FNAP PSY).
Cordialement
Annie GRUYER
Présidente de Médiagora Paris
Animatrice à la Maison des Usagers du CHSA
Membre de la FNAP PSY
Administratrice au PSYCOM 75
Administratrice de l'ASM 13