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09.02.2010

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OBÉSITÉ INFANTILE :
épidémie confirmée chez les enfants européens

L'obésité infantile ne concerne pas que les Etats-Unis. Un récent rapport dévoile des chiffres alarmants pour l'Europe. Et la France est loin d'être épargnée par cette épidémie.

Pourcentage des enfants âgés de 7 à 11 ans en surpoids ou obèses selon les pays européens
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Pourcentage des enfants âgés de 7 à 11 ans en surpoids ou obèses selon les pays européens

Une augmentation de 2% par an en Europe

Selon un rapport de l’International Obesity Task Force (IOTF) rendu public en mars 2005, un enfant sur 5 est en surpoids ou obèse en Europe.

C’est dans la région méditerranéenne que l’on trouve la plus forte prévalence : certains pays présentent même une proportion d’enfants en surpoids supérieure à celle des Etats-Unis estimée à 30%.

La prévalence du surpoids chez les enfants de 5 à 11 ans augmente partout. : L'étude européenne est une compilation des enquêtes nationales réalisées en Europe depuis les années 60. Toutefois, la comparaison des résultats est rendue difficile par les différents modes d'enquête utilisés. Certains pays, comme la France, usent en effet de questionnaires pour évaluer la prévalence de l'obésité. Alors que d'autres mesurent directement l'indice de masse corporelle.
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La prévalence du surpoids chez les enfants de 5 à 11 ans augmente partout.

Les experts notent une accélération rapide de l’augmentation de la prévalence du surpoids et de l’obésité : de 0.2% dans les années 70, elle est aujoud'hui aujourd’hui de 2% par an, soit 400 000 jeunes Européens en surpoids ou obèses en plus chaque année.

« L’obésité infantile pourrait être à l’origine d’un désastre sanitaire dans l’avenir », a déclaré David Byrne, le Commissaire européen responsable de la santé et de la protection des consommateurs, lors de la journée mondiale du coeur, en septembre 2004. En effet, près de deux tiers des enfants obèses le restent toute leur vie, ce qui pourrait réduire de plusieurs années leur espérance de vie…

 

Répartition de la proportion d'enfants de 5 à 6 ans en surpoids en France : Selon une enquête réalisée auprès d'enfants scolarisés en grande section maternelle entre 1999 et 2000.
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Répartition de la proportion d'enfants de 5 à 6 ans en surpoids en France

La France n’est pas épargnée

La France occupe une position intermédiaire dans la prévalence de l’obésité et du surpoids chez l’enfant en Europe. Toujours selon ce même rapport européen, 18% des petits Français seraient en surpoids, dont environ 4% d'obèses.

D'autre part, une étude, publiée en 2003 par la Drees (la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques) chez des enfants de 5-6 ans, montre une disparité régionale dans la prévalence de la surcharge pondérale. La Corse, l’Alsace et le Languedoc-Roussillon se distinguent par une forte proportion d’enfants en surpoids.

Arnaud Basdevant, médecin, chef du service de nutrition à l'hôpital Hôtel-Dieu Ecouter la bande son
Arnaud Basdevant, médecin, chef du service de nutrition à l'hôpital Hôtel-Dieu

 

« Si rien n’est fait pour limiter l’augmentation de l’obésité chez les enfants, la France pourrait atteindre le niveau des Etats-Unis vers 2020 ! »

© PNNS

Face à cette épidémie, les initiatives se multiplient

En France, depuis l'été 2004, la prévention de l'obésité fait partie de la loi de santé publique. Cette dernière, qui est entrée en vigueur au 1er septembre 2005, comporte plusieurs mesures phares : interdiction des distributeurs automatiques de boissons sucrées et de confiseries dans les établissements scolaires, réglementation de la publicité sur les produits sucrés, ou encore surtaxe des mélanges alcoolisés et sucrés.

En mars 2005, une proposition de loi supplémentaire a été déposée. Elle demande en outre la création de deux instances, le "Haut comité de lutte contre l'obésité" et "l'Observatoire de l'épidémie d'obésité", ainsi que l'organisation d'une campagne nationale de sensibilisation aux risques d'épidémie d'obésité.

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Arnaud Basdevant, médecin, chef du service de nutrition à l'hôpital Hôtel-Dieu


Par ailleurs, le Programme national nutrition santé (PNNS), lancé en 2001 par le ministère de la Santé, comprend neuf objectifs prioritaires. L’un d’eux est d'arrêter l’augmentation de la prévalence de l’obésité chez l’enfant.

Jean-Michel Borys, médecin nutritionniste et coordinateur du programme Epode Ecouter la bande son
Jean-Michel Borys, médecin nutritionniste et coordinateur du programme Epode

Une des mises en pratique du PNNS réside dans le programme Epode (Ensemble prévenons l’obésité des enfants) lancé en janvier 2004.

En cours dans 10 villes de France, cette initiative vise à mobiliser enseignants, médecins scolaires, professionnels de santé, milieu associatif etc., autour de la prévention de l’obésité chez les enfants, via des actions concrètes : information nutritionnelle, incitation à pratiquer davantage de sport...

Arnaud Basdevant, médecin, chef du service de nutrition à l'hôpital Hôtel-Dieu Ecouter la bande son
Arnaud Basdevant, médecin, chef du service de nutrition à l'hôpital Hôtel-Dieu

Les risques associés à l’obésité et au surpoids

Une obésité apparue durant l’enfance entraîne une surmortalité à l’âge adulte estimée entre 50 et 80%. Cet excès de mortalité s’explique essentiellement par une augmentation des facteurs de risque tels que le diabète, l’hypertension artérielle et l’excès de cholestérol. Ainsi, 42,5 % des adultes en surpoids ou obèses présentent au moins l’un de ces facteurs de risque contre 18,6% chez les adultes de poids normal.

Chez l’enfant obèse, des anomalies telles qu’une augmentation de la pression artérielle, du cholestérol ou une hyperinsulinémie peuvent apparaître. Pour ceux présentant une obésité sévère, des pathologies orthopédiques peuvent se déclencher. Enfin, chez l’adolescent, l’obésité peut entraîner des troubles endocriniens (puberté précoce, aménorrhée) ainsi que des cas de diabète de type 2 très précoces.

Une étude publiée le 17 juillet 2005 dans la revue Nature Genetics et menée sur plus de 6000 Européens a permis d'identifier un gène commun à l'obésité et au diabète de type 2 : la présence simultanée de trois mutations dans le gène ENPP1 augmente de 50 à 70% le risque de développer une obésité pendant l'enfance, puis une obésité massive à l'âge adulte et un diabète de type 2.

Si l'hérédité joue un rôle à l'échelon individuel, il n'en demeure pas moins qu'au niveau collectif, la sédentarité et la mauvaise nutrition sont les principales causes de l'obésité infantile. 

Lise Barnéoud

 
 

Mis en ligne le 02/05/05

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Mis à jour le 15/09/05

 

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