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EMPREINTES FOSSILES : les plus anciennes preuves d’une bipédie moderne
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L'étude de nouvelles empreintes de pas fossiles au Kenya, les plus anciennes du genre Homo, confirme l'existence d'une bipédie humaine de type moderne, il y a 1,5 million d'années.
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Une empreinte de 1,5 million d'années
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La marche en négatif À voir cette empreinte, une personne non avertie pourrait penser qu'elle a été faite il y a quelques jours. Pourtant, elle est datée d'environ 1,5 million d'années (Ma). Nous sommes près d'Ileret, à l'est du lac Turkana (Kenya), une zone connue depuis la fin des années 1960 pour sa richesse en fossiles. L'équipe de l'Anglais Matthew Bennett a mis au jour, entre 2005 et 2008, une vingtaine d'empreintes d'hominidés¹ (quatre « pistes » et plusieurs traces isolées) dans deux couches sédimentaires de limon et de sable. Il s'agirait, selon ces chercheurs, des plus anciennes empreintes de pas du genre Homo témoignant d'une bipédie « moderne »². 1. Tous nos ancêtres depuis la séparation de la lignée humaine d'avec celle des grands singes. 2. M. R. Bennett et al., Science, 27 février 2009 Des marcheurs très modernes Verdict : les nouvelles empreintes témoignent de caractères modernes comme des doigts de pied courts, un gros orteil parallèle et accolé aux autres, une voûte plantaire et une grande enjambée. Les marcheurs, deux adultes de 1,75 m et un enfant de 92 cm, étaient sans doute des Homo ergaster ou Homo erectus, deux espèces d'hominidés ayant vécu entre 1,9 et 0,2 Ma. « Ces empreintes sont la preuve d'une anatomie spécialisée pour la marche et la course », affirme Yvette Deloison, chargée de recherche au CNRS². |
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« On a affaire à un Homo... »
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Une chronologie conservée
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Un petit pas pour l’hominidé, un grand pas pour l’humanité !
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Loin devant les plus anciennes traces de pas européennes datées de 345 000 ans (Roccamonfina, Italie)¹, l'âge des empreintes d'Ileret concorde avec les précédentes découvertes du site voisin de Koobi Fora, parmi lesquelles le squelette du « garçon de Turkana », un Homo erectus daté d'environ 1,6 Ma² et sept traces de pas d'environ 1,45 Ma³ qui, à l'époque, n'ont pu être attribuées formellement à Homo. En outre, les empreintes d'Ileret s'insèrent parfaitement dans la chronologie de la bipédie. Les empreintes de Laetoli (Tanzanie) ont prouvé la présence d'une bipédie occasionnelle à 3,75 Ma déjà. La morphologie du fémur d'un de nos plus vieux ancêtres, Orrorin tugenensis exhumé en 2000 au Kenya par l'équipe de Brigitte Senut, repousse même l'existence de la bipédie à au moins 6 Ma. La bipédie permanente, quant à elle, est attestée dès 2 Ma avec Homo habilis dont « les ossements fossiles presque complets prouvent qu'il avait déjà un pied tout à fait moderne, avec notamment une voûte plantaire », explique Yvette Deloison. 1. S. Scaillet et al., Earth and Planetary Science letters, 15 novembre 2008. 2. Mis au jour en 1984 par Richard Leakey. D'autres fossiles d'Homo erectus ont été exhumés en Ethiopie, Tanzanie et en Afrique du Sud. 3. A. K. Behrensmeyer, L. F. Laporte, Nature, 15 janvier 1981.
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« La bipédie est un des meilleurs moyens de définir l'homme... »
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Cette bipédie occasionnelle, chaloupée, hanche et genoux fléchis et sans possibilité de courir est retrouvée chez les Australopithèques. Quant aux Homo, des études sur la bipédie humaine actuelle mettent en évidence un balancement des bras et des jambes permettant un équilibre dynamique autour du centre de gravité ainsi qu'une économie d'énergie de l'ordre de 75% par rapport à la locomotion simienne². L'Homo d'Ileret devait donc présenter les mêmes proportions des membres que nous (jambes longues, bras plus courts et buste droit). 1. Super-famille qui comprend les Hylobatidés (gibbons et siamangs), les grands singes fossiles et actuels (orangs-outans, gorilles, chimpanzés et bonobos), les Australopithèques et les hommes actuels et fossiles. 2. Voir « La bipédie, une question d'énergie », dossier De Toumaï à Sapiens :
la ruée vers l'Homme» Marion Sabourdy |
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