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POLÉMIQUE : une chambre secrète dans la grande pyramide ?
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Selon deux égyptologues amateurs, la Grande Pyramide pourrait cacher une quatrième chambre renfermant, peut-être, la sépulture du pharaon Khéops. Reste à vérifier cette hypothèse sur le terrain, ce que refusent pour l’instant les autorités égyptiennes.
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Une enquête architecturale Gilles Dormion et Jean-Yves Verd'hurt étudient les pyramides depuis près de dix-sept ans. Mais à la différence des égyptologues professionnels, les deux hommes s'attachent essentiellement à l'aspect structurel des monuments.
Leur méthode, que l'on pourrait qualifier « d'enquête architecturale », consiste ainsi à étudier la structure de l'édifice dans ses moindres détails et, surtout, à relever chaque anomalie : alignement inhabituel des joints ou des dallages, fissures, brèches… autant d'indices trahissant la structure interne du bâtiment.
La méthode a déjà fait ses preuves puisque, en 2000, Gilles Dormion et son compagnon ont mis au jour deux « chambres de décharge » dans la pyramide de Meïdoum.
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Plan de la Grande Pyramide
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La seconde, appelée « chambre de la Reine » (bien que l’épouse du roi Khéops n’y repose pas), se situe au milieu de l’édifice. C’est une pièce relativement petite – trop petite pour un pharaon, selon Gilles Dormion –, et personne ne connaît sa fonction réelle.
C’est donc dans la dernière, située au niveau supérieur, que devrait reposer la momie de Khéops. La « chambre du Roi » est cependant vide. A-t-elle été pillée ? Gilles Dormion ne croit pas à cette thèse. Selon lui, plusieurs indices montrent que, lors de la construction, le plafond de la chambre menaçait de s’effondrer et, qu’en conséquence, les bâtisseurs de l’époque n’ont pas pris le risque d’y entreposer la dépouille de leur souverain. Mais alors, où se trouve Khéops ? Une étrange niche C’est en réalité dans la chambre de la Reine que Gilles Dormion et Jean-Yves Verd’hurt ont relevé les indices les plus déterminants.
La présence d’une niche dans la façade Est de la pièce est troublante. Certains égyptologues affirment qu’elle devait abriter une statue. « C’est en effet l’explication la plus simple […], note Gilles Dormion. Il faut cependant prendre acte qu’elle ne repose sur aucun élément tangible et n’est proposée que par défaut. »
En s’approchant de cette niche, on peut constater que des pilleurs y ont creusé un passage d’une quinzaine de mètres de profondeur. Vraisemblablement en vain puisque celui-ci ne mène nulle part. Cependant, en y pénétrant, Gilles Dormion a pu constater que, au regard de la maçonnerie, ce boyau devait être à l’origine un « couloir de service » construit avec la pyramide, long de cinq coudées (2,62 m) et finissant en cul-de-sac. En étudiant le sol de plus près, Gilles Dormion a pu trouver un trou rectangulaire (de 10 x 12 cm de côté), dirigé vers le bas et fermé par un bouchon de calcaire. Un trou comme ceux utilisés pour faire passer les cordes d’une herse… Or, qui dit « herse », dit « couloir ». Et un couloir doit forcément mener quelque part ! On sait, en particulier, que les chambres funéraires des pharaons, comme la « chambre du Roi », sont précédées par un tel système.
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La chambre hypothétique, selon Gilles Dormion, se situerait sous la chambre de la Reine et à l'ouest.
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Une première intervention telle que l’introduction d’un endoscope dans un trou de 15 mm de diamètre préalablement foré dans le sol de la chambre de la Reine permettrait de savoir s’il existe du granit à 3,5 m de profondeur. Cette roche est en effet utilisée pour la construction des plafonds (le reste de la Pyramide est en calcaire). Mais Zahi Hawass, secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités Egyptiennes, seul habilité à autoriser une fouille, ne l’entend pas de cette oreille…
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Comment envisagez-vous la suite de votre étude ?
Gilles Dormion...
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Les deux hommes ont d'ailleurs le soutien de plusieurs égyptologues de renom, dont Nicolas Grimal, professeur au Collège de France et directeur honoraire de l’Institut français d’archéologie orientale, qui n’a pas hésité à préfacer La chambre de Chéops.
C’est d’ailleurs grâce à lui, et au nom de son institution, qu’une demande officielle de fouilles a été formulée auprès de la direction des Antiquités Égyptiennes. Zahi Hawass l’a refusée. Michel Vallogia, égyptologue à l’Université de Genève, a alors réitéré cette demande. Refusée à son tour.
« Si Nicolas Grimal et Michel Vallogia sont bien des scientifiques, ce ne sont pas des spécialistes de la Grande Pyramide, se justifie Zahi Hawass. Il n’existe que trois spécialistes de la pyramide de Khéops : l’Allemand Stadelman, l’Américain Lehner et moi-même. » |
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