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EMBRYONS HYBRIDES HOMME-ANIMAL : Un feu vert pour quoi faire ?
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En septembre 2007, la Grande-Bretagne devenait le premier pays au monde à autoriser la création d'embryons hybrides pour la recherche. Les premières applications devraient démarrer cet hiver. Reportage.
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Ces embryons devront être détruits au plus tard le 14e jour après leur création et ne peuvent en aucun cas être introduits dans un utérus, précise la HFEA. Ainsi, si une nouvelle barrière éthique semble avoir été franchie, on est loin de la création d'êtres chimériques… L'objectif de ces recherches ? Etudier et prélever les cellules souches embryonnaires, ces cellules immortelles capables de fabriquer toutes sortes de tissus. « Il ne s'agit pas d'un total feu vert pour les études sur les embryons hybrides, précise toutefois l'agence britannique, mais d'une reconnaissance que, dans certains cas bien précis, ces recherches peuvent être utiles et bénéfiques ». En d'autres termes, c'est un feu vert de principe mais chaque laboratoire qui voudra réaliser ce que l'on appelle désormais des « cybrides » (pour hybrides cytoplasmiques) devra en faire la demande auprès de la HFEA.
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L'origine et le potentiel des cellules souches © AFM |
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Lorsqu'en 1998, les premières lignées de cellules souches embryonnaires furent obtenues, un champ de recherche particulièrement prometteur s'entrouvrait tout à coup. Ces cellules, capables de se multiplier à l'infini et de se différencier en n'importe quels tissus du corps humain, devinrent bientôt très appréciées des biologistes. Problème : pour obtenir ces cellules souches, il faut des embryons. On en trouve certes dans les centres de fécondation in vitro mais d'abord, les réserves sont limitées, ensuite, cela pose la délicate question du statut de l'embryon et, enfin, si l'objectif est de greffer ces cellules souches sur un receveur, il y a un problème évident de compatibilité. D'où l'émergence d'une nouvelle solution pour obtenir ces « cellules magiques » : par clonage d'une cellule adulte dans un ovocyte (voir l'animation ci-contre ou sur le site de l'AFM). Théoriquement, il est en effet possible de développer un embryon en transférant le noyau d'une cellule adulte dans un ovocyte préalablement énucléé. Des ovocytes de lapin par milliers « De cette question est née l'idée d'utiliser non pas des ovocytes de femmes mais des ovocytes d'animaux, poursuit Stephen Minger. Cela nous paraît beaucoup plus éthique ». Observer une pathologie dans un tube à essai Stephen Minger n'est pas le seul au Royaume-Uni à attendre une licence pour créer ces « cybrides ». Lyle Armstrong, de l'université de Newcastle, espère également une autorisation de la HFEA pour féconder des ovocytes de vaches avec des noyaux de cellules humaines. Et un troisième projet, qui porte sur les maladies neuromotrices, devrait aussi être déposé sous peu. En France, où l'Institut des cellules souches (I-Stem) vient d'être inauguré, on se réjouit de ces nouvelles autorisations. « Ces “cybrides” offrent une perspectives intéressantes, explique Marc Peschanski, chercheur à l'Inserm et directeur de l'I-Stem. Dès que l'on montre qu'ils sont effectivement une source de cellules souches, je demande à travailler avec. » Toutefois, ces recherches ne font pas l'unanimité dans le milieu scientifique. Certains experts restent perplexes sur l'utilité même de ces recherches. « Personnellement, je suis très sceptique, commente ainsi Stéphane Viville, chef de service de biologie de la reproduction au CHU de Strasbourg. Je ne crois pas que nous parviendrons à obtenir des cellules souches à partir des "cybrides" à cause des problèmes d'incompatibilité entre le génome mitochondrial animal et le génome humain. D'autre part, de récentes découvertes nous laissent entrevoir la possibilité de reprogrammer des cellules adultes en cellules souches embryonnaires, ce qui serait alors beaucoup plus simple et économique ! ». Entre deux coups de téléphone, Stephen Minger, impassible, répond calmement : « Je ne nie pas le potentiel de la reprogrammation des cellules adultes, mais nous n'en sommes aussi qu'au tout début de l'aventure. Qui peut prédire d'où viendront les progrès ? Essayons le plus de pistes possibles… ». La course aux « cybrides » est donc lancée. Mais tout le monde attend de voir ce qu'il en sortira. |
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| Doit-on laisser les scientifiques modifier le code génétique universel pour créer de nouveaux êtres vivants ? |
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