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BIODIVERSITÉ : à la découverte des mystères de l’océan Austral
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Quelles espèces vivent dans des eaux glacées, à des latitudes où la banquise forme un couvercle sombre plus de la moitié de l'année et où les icebergs dévastent tout sur leur passage ? Nous nous sommes rendus sur la base française de Dumont d'Urville en Antarctique pour suivre les travaux d'une mission scientifique qui tente de percer les mystères de l'océan le moins connu de la planète : l'océan Austral.
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L’inaccessible océan Si l'océan Austral reste encore le lieu le plus mystérieux au monde, ce n'est pas un hasard. Pour l'atteindre, il faut d'abord traverser les 40ième rugissants, puis les 50ième hurlants, ce qui n'est pas une mince affaire. Ces vents violents transforment la mer en gigantesque piscine à vagues. Des adaptations remarquables Ces espèces de l'extrême sont d'autant plus fascinantes qu'elles présentent des mécanismes d'adaptation extraordinaires. Ainsi certains poissons ont développé des protéines anti-gel qui permettent de résister à des températures allant jusqu'à -2°C. Des études génétiques ont permis de dater l'apparition de ces protéines à 38 millions d'années, soit juste à temps pour permettre aux heureux détenteurs de survivre au premier refroidissement des eaux australes. La plupart de ces poissons ont également perdu les gènes capables de produire les protéines de choc thermique qui protègent l'organisme des variations brutales de température. Un système de protection devenu inutile dans un milieu où la température n'a pratiquement plus varié depuis plusieurs millions d'années… Un point zéro, et après ? Ces nouvelles données marqueront donc un point zéro dans la connaissance de la faune et la flore de cette zone de l'océan Austral. Comme une photographie instantanée de sa biodiversité en 2008. Mais l'idée à plus long terme est de se servir de toutes ces informations pour construire des cartes d'habitat des espèces.
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Guillaume Lecointre : « Si les températures s’élèvent rapidement, certaines familles de poissons de l’océan Austral disparaîtront »
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« Notre objectif est de comprendre comment certains paramètres physiques de l'océan (température, salinité, acidité, etc…) influencent l'abondance de la biodiversité marine antarctique, explique Philippe Koubbi, professeur en océanologie biologique à l'Université Paris VI, qui a également participé à la mission. Ensuite, nous pourrons faire varier ces paramètres et en observer les conséquences sur l'écosystème marin, ce qui nous permettra de modéliser l'impact d'un réchauffement dans cet océan. » S'il est encore trop tôt pour parler d'une véritable tendance au réchauffement dans cette zone-là de l'océan Austral, on sait désormais l'écosystème marin polaire particulièrement vulnérable. « Les bouleversements dépendront de l'intensité et de la vitesse du réchauffement », avertissent les chercheurs. Une affaire à suivre, donc. |
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