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Philippe CHAZAL, directeur
du Centre de formation Valentin Haêy,
conseiller juridique auprès du Comité national pour la
promotion sociale des aveugles, Président de la Commission du Travail
de l'Union européenne des aveugles, Les aveugles au travail,
Ed.du Cherche-Midi, 1999.
On estime en France qu'il y a, à peu près 18.000 personnes
aveugles en âge de travailler, et un peu plus de 6.000 qui travaillent
réellement, et la situation est la même dans quasiment tous
les pays d'Europe, sauf l'Italie. Pourquoi cette situation ? Je crois
qu'il faut agir dans trois directions. La première c'est une meilleure
information. A priori les employeurs n'ont pas de raison de refuser de
nous embaucher s'ils sont bien informés. Et je peux dire que dans
les entreprises, de façon générale, lorsque l'on
présente des candidats qui répondent aux critères
demandés, qui sont capables de tenir les postes qui sont ouverts,
si l'employeur est bien informé, est bien sensibilisé, en
général il n'a pas de raison, ni d'être favorable,
ni d'être défavorable à employer la personne handicapée,
si elle correspond au poste il peut l'embaucher. Des postes comme : masseur-kinésithérapeute,
standardiste, secrétaire, accordeur, rempailleur de chaises ou
musicien. Ce sont les professions principales auxquelles pense le grand
public lorsqu'on demande ce que peut faire un aveugle, mais il y a beaucoup
d'autres choses, des choses très originales, par exemple une fleuriste
aveugle aux Etats-Unis, un boulanger aveugle dans le nord de la France,
des avocats aveugles, un député aveugle en Italie, un agriculteur
complètement aveugle dans le sud de la France, et puis différentes
carrières dans l'enseignement, dans la recherche, dans les professions
juridiques, etc. Ceci est très important pour les employeurs, pour
les COTOREP qui nous orientent et qui ne doivent pas non plus cantonner
leurs orientations aux professions traditionnelles, et pour les personnes
qui perdent la vue, notamment à l'âge adulte, et qui très
normalement se trouvent complètement démunies. Ils ne savent
pas ce qu'ils pourront faire lorsqu'ils auront perdu la vue.
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