Patrick
BELISSEN, directeur de l'Académie
de la langue des signes française.
Je pratique la langue des signes et l'accessibilité
et ce que je vous dis vous est offert par le biais d'un interprète.
Peut-être que quelques entendants peuvent me comprendre directement
en langue des signes, mais les autres, imaginez s'il n'y avait pas d'interprète,
entre vous et moi il y aurait un mur, un mur relativement épais.
Cette situation apparaît très souvent, entre autres dans le
monde du travail, régulièrement les sources se heurtent à
des obstacles, entre autres de communication dans le monde du travail. Deux
problèmes techniques se posent pour les sourds, la langue du pays,
si c'est la France, les sourds ne sont jamais à l'aise à l'oral.
Je pense que vous pouvez l'imaginer puisqu'ils n'ont pas de retour son,
l'oral est forcément une très grande difficulté pour
eux. Il y a des demi-sourds, des sourds qui entendent un petit peu qui,
éventuellement, peuvent s'exprimer à l'oral. Ils pourront
éventuellement s'exprimer à l'oral, mais ils n'auront pas
la même capacité orale qu'un entendant évidemment. Prenons
le cas des sourds qui vraiment n'entendent rien du tout. Ce sont des personnes
qui malgré leur apprentissage à l'école de l'oral,
du français pendant dix, quinze ans, ont eu un entraînement
intense, et qui ont une compétence très faible dans la langue
du pays. Pour beaucoup, ils ne peuvent pas rencontrer leur patron et directement
parler avec lui, pour la majorité. C'est déjà un très
gros problème pour rentrer dans le monde du travail, et c'est un
des premiers problèmes techniques que le français ne soit
pas maîtrisé. De plus, les patrons dans les entreprises en
général ne connaissent rien, eux, à la langue des signes,
et la personne sourde est souvent dans une situation de non-communication
totale. |