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Thomas COUTROT, économiste,
Direction de l'animation des études et de la statistique, ministère du
travail et de l'emploi,
Ce phénomène de mondialisation financière aboutit à
donner aujourd'hui aux marchés financiers, aux investisseurs financiers
sur les marchés internationaux un pouvoir extrêmement important sur les
stratégies des entreprises et, notamment, sur les décisions en matière
d'emploi. C'est un pouvoir indirect, ce ne sont pas les actionnaires qui
décident des plans sociaux, ce sont les directions d'entreprise, mais
elles décident de supprimer des emplois sous la pression des actionnaires
qui exigent des rendements financiers extrêmement élevés, aujourd'hui
environ 15 %, c'est la norme exigée par les investisseurs financiers pour
placer leurs capitaux dans le capital d'une entreprise donnée, et on a
vu cela très clairement dans le cas de la justification avancée par l'entreprise
Danone pour la fermeture de ses usines, l'argument est que la branche
biscuits ne rapporte "que 8 %" par an, ce n'est pas assez par rapport
à d'autres branches du groupe qui rapportent 12 %, et donc on va fermer,
rationaliser de façon à satisfaire des actionnaires qui sont extrêmement
exigeants sur la rentabilité de leurs capitaux.
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