Thomas
COUTROT, économiste, Direction de l'animation des
études et de la statistique, ministère du travail et de l'emploi,
Ce système de gestion aboutit à la fois au développement
de la précarité par le biais de l'externalisation, du développement massif
de l'intérim, on a aujourd'hui dans un certain nombre de groupes industriels,
notamment, des intérimaires qui représentent 10, 15 à 20 % du personnel
de production, et parfois plus, et puis un éclatement des collectifs de
travail sous la forme, notamment, de l'introduction massive de l'intérim
dans un certain nombre d'usines ou d'ateliers, mais aussi à la mise en concurrence
des individus, à travers ces systèmes de gestion individualisée des compétences.
Ce qui fait qu'il est très difficile aujourd'hui, par exemple pour les organisations
syndicales, de survivre, de continuer à s'organiser, à défendre les intérêts
des salariés, voire même de lutter pour des hausses de salaires ou pour
défendre l'emploi lorsqu'il est menacé. |