Thomas
COUTROT, économiste, Direction de l'animation des
études et de la statistique, ministère du travail et de l'emploi,
, Que peut-on faire face à de telles évolutions ? Certains
proposent de restaurer l'autorisation administrative de licenciement. Ceci
signifie demander que l'entreprise devrait demander à l'Inspection du Travail
l'autorisation de licencier des salariés lorsqu'elle fait un plan social.
L'expérience a montrer que ce n'est pas vraiment une solution très intéressant
car dans la plupart des cas, en fait, l'Inspection du Travail était amenée
à autoriser le licenciement, elle n'avait pas vraiment les moyens de faire
autre chose, en tout cas c'était très difficile, notamment lorsqu'on parle
de multinationales de la taille de Danone, ça supposait un niveau d'engagement
de contrôle de l'Etat sur l'évolution des structures et sur les décisions
de l'entreprise qui est difficile à tenir aujourd'hui. Une solution qui
serait peut-être plus viable serait celle de renchérir le coût des suppressions
d'emplois et des licenciements en taxant de façon un peu plus dissuasive,
parce qu'aujourd'hui les indemnités de licenciement ne sont pas du tout
dissuasive du point de vue des entreprises, en augmentant le coût de façon
à ce que les entreprises puissent hésiter un petit peu davantage à adopter
ce type de solution, à supprimer des emplois de façon aussi systématique
lorsqu'il s'agit d'accroître leur rentabilité. |