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Jean-Louis LAVILLE, sociologue,
CNRS, Laboratoire de sociologie du changement des institutions,
Et puis dans le Sud on a vu naître aussi des tentatives de faire que l'économie
populaire qui était une économie de survie, devienne une économie qui
ait droit de cité et qui, elle aussi, soit reconnue dans l'espace public.
C'est la démarche, par exemple, à Lima, de Viel Salvador, où 300.000 personnes
se sont installées de manière illégale dans ce qui était une étendue désertique,
et qui ont créé 30.000 emplois dont 15.000 ont réussi gr‘ce aux accords
passés avec les Pouvoirs publics à obtenir un statut qui est un statut
non plus informel mais un statut formel. La dynamique d'économie solidaire
telle qu'elle est en oeuvre aujourd'hui en Amérique du Sud c'est bien le
passage d'une économie populaire informelle à une économie solidaire qui
acquiert droit de cité et devient un élément de l'économie qui est un
élément reconnu. Il y a, à la fois dans le Nord et dans le Sud, des développements
au niveau des initiatives locales, d'initiatives qui sont assez intéressantes,
malgré leurs limites, pour être regardées avec attention, mais il y a
aussi des développements au niveau international aussi modestes soient-ils.
Je pense ici, par exemple, aux réseaux du commerce équitable.
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