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Thomas COUTROT, économiste,
Direction de l'animation des études et de la statistique, ministère du
travail et de l'emploi,
Je crois qu'on touche vraiment là du doigt le problème fondamental qui
est comment retrouver des marges de manoeuvre du point de vue politique,
du point de vue démocratique, face à ce pouvoir financier transnational
qui s'est arrogé depuis quelques années un pouvoir quasiment sans équivalent.
Et là je crois qu'il faut envisager clairement des choix qui aillent à
l'inverse des choix de dérégulation et de libéralisation qui ont été menés
dans les années 80 et 90. Autant je serai d'accord pour dire que certaines
évolutions sont irréversibles dans le domaine du travail, notamment les
évolutions ayant trait à une plus grande individualisation, une plus grande
mobilité, une plus grande autonomie de choix des personnes, ça je crois
que c'est irréversible et c'est souhaitable, autant il est tout à fait
regrettable de cette individualisation et cette mobilité se fassent sous
l'emprise des contraintes actuelles, et cette mobilité aujourd'hui est
déterminée par les contraintes de la rentabilité financière. Là, je crois
qu'il faut donc envisager très clairement la réversibilité d'un certain
nombre d'évolutions, pas au niveau national, bien sûr, et c'est pourquoi
les mouvements de contestation de la globalisation financière se déroulent
aujourd'hui essentiellement, non pas à un niveau même européen, mais à
un niveau mondial, l'action d'ATTAC se déroule de plus en plus à un niveau
mondial. Seattle c'était bien une convergence mondiale, Porte Alegre c'est
bien une convergence mondiale, et l'objectif est bien d'imposer aux gouvernements
qui ne sont pour l'instant pas du tout sur cette orientation-là, et au
capital financier, un certain nombre de nouvelles règles, de nouvelles
taxes, de nouvelles, de nouvelles limitations à leur mobilité et à leur
pouvoir de manoeuvre, qui nous permettent de retrouver ces fameuses marges
de manoeuvres qui nous manquent beaucoup aujourd'hui.
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