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Christian DUFOUR, sociologue
à l'Institut de recherches économiques et sociales,
A l'étranger on observe qu'il existe une extrême diversité
de modes de résolution d'un problème qui est théoriquement
très difficile à résoudre et à comprendre.
Pour vous donner une idée de l'éventail de solutions qui
sont trouvées, ça va depuis des pratiques telles qu'elles
existent en Allemagne où dans la Constitution on affirme qu'il
y a une autonomie, c'est-à-dire le fait que les employeurs, les
organisations d'employeurs, et les organisations de salariés se
reconnaissent mutuellement de facto. Elles se reconnaissent en contractant
ensemble, l'Etat s'interdisant d'intervenir dans le champ qu'il laisse
libre pour ces acteurs-là. C'est une réponse à la
question de la représentativité, c'est-à-dire que
l'Etat limite sa capacité d'intervention.
François GAUDU, professeur
de droit à l'Université de Paris I,
Dans le Nord de l'Europe, il y a des syndicats très
puissants. Dans la revue juridique de la CGT, au mois de janvier, un article
d'un juriste très éminent a été publié,
qui envisage qu'on adopte en France la solution allemande, c'est-à-dire
que la convention collective ne profite qu'aux syndiqués. Il faut
bien comprendre une chose quand on parle des syndicats : en France, être
syndiqué ne rapporte rien, alors qu'en Belgique, le fait d'être
syndiqué donne un accès privilégié à
l'assurance chômage, en Allemagne, cela donne droit à l'application
de la convention collective, en Suède, j'ai entendu un collègue
professeur de droit du travail commencer une réunion en disant
qu'il y avait chez eux une règle non écrite, qui est qu'en
cas de licenciement économique, on licencie d'abord les non-syndiqués.
Par rapport à la situation française où être
syndiqué ne vaut que des ennuis...
Il est difficile de parler sur la crise du syndicalisme en France sans
tenir compte du fait qu'en France, être syndiqué ne rapporte
aucun avantage. De ce point de vue, nous sommes isolés dans les
pays d'Occident. En Angleterre, il y a quand même 30 % de syndiqués,
et un grand nombre d'entreprises pratiquent encore le Closed Shop, c'est-à-dire
que l'embauche est réservée aux syndiqués. Je ne
suis pas du tout pour cela, mais il faudrait quand même se demander
si... Une chose va un peu dans ce sens, même si ce n'est pas tout
à fait la même chose : la demande conjointe formulée
par la CFDT et la CGT de passer à un mécanisme majoritaire
pour conclure les conventions collectives, donc de donner plus de valeur
à l'adhésion, de privilégier les syndicats qui ont
beaucoup d'adhérents et beaucoup d'électeurs. Je pense qu'il
y a un mouvement dans ce sens.
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