[ Thème n°13 : Demain le travail ]

Le compte épargne temps

François GAUDU, professeur de droit à l'Université de Paris I,
Un exemple qui existe non seulement en France mais dans d'autres pays, même si c'est balbutiant, embryonnaire, si cela marche très mal et ne donne pas les résultats que l'on voudrait, etc. : le compte-épargne temps. Il existe dans un certain nombre d'entreprises, et de plus en plus avec l'application de la loi sur la réduction du temps de travail, des comptes sur lesquels un salarié peut épargner, comme on met de l'argent sur un compte en banque, un droit à rémunération différée. Au lieu de prendre mes heures complémentaires sous forme d'argent, j'épargne sur mon compte épargne temps.
En général les accords collectifs prévoient que l'employeur de son côté abonde, donc met aussi de l'argent. Trois ans plus tard, lorsque je veux suspendre mon contrat de travail pour me former, pour essayer de créer mon entreprise ou quoi que ce soit, je tire sur ce compte pour rester payé, alors que je ne travaille plus pour l'entreprise. Ce sont des mécanismes qu’Alain Supiot a synthétisés avec l'idée qu'il faudrait un état professionnel des personnes. Il ne l'a pas fait tout seul, mais avec des experts de sept pays, ce qui est intéressant. Ce n'est pas un rêve purement français.

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