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Claude DUBAR, sociologue
à l'université de Versailles. Auteur notamment de "La
France malade du travail", ed.Bayard,
Je voudrais venir sur la question du travail contraint.
Cela existe, bien sûr. Un certain nombre de travaux restent marqués
par la contrainte, mal payés, répétitifs, etc. Mais
globalement, lorsqu'on regarde les choses sur un siècle ou même
sur 30 ans, à la fois la part de ce genre de travail diminue dans
l'ensemble de la population active, et à l'intérieur d'un
grand nombre de travaux, la part la plus contrainte et la plus pénible
diminue. Chaque travail a ses côtés positifs et négatifs.
Quand on regarde les tendances d'évolution, les professions qui
ont créé le plus d'emplois, qui ont augmenté le plus
dans les 30 ans, sont les professions de services aux personnes, les professions
de l'information, de la santé, des services aux entreprises, etc.,
des activités qui peuvent être passionnantes, qui peuvent
contribuer à la fois à la satisfaction des gens qui s'y
engagent et rendre des services à ceux auxquels elles s'adressent,
que ce soient les enfants dans l'école, les malades à l'hôpital,
etc.
J'en témoigne en tant que chercheur, nous rencontrons des gens
et nous les faisons parler de leur travail. Mais il y a des conditions,
ce n'est pas automatique. La même activité, prise dans des
contextes différents, avec des environnements différents,
va être jugée comme un travail plutôt pénible
ou un travail plutôt épanouissant. Il faut comprendre pourquoi
il y a un rapport au travail qui permet d'avoir, comme le disent et le
veulent les jeunes aujourd'hui, une réalisation de soi, avec des
contraintes évidemment et des contreparties, mais qui donne un
sens à la vie. Rien n'est gagné mais je pense que la lutte
pour que ce type d'activité soit de plus en plus importante et
de plus en plus ouverte au maximum de gens au XXIe siècle est un
combat tout à fait essentiel.
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