[ Thème n°12 : La formation tout au long de sa vie ]
Quand la loi hésite

Antoine REVERCHON, Le Monde,
L’actualité autour de la formation tout au long de la vie est intéressante, avec le report au 13 juin de la loi de modernisation sociale qui comprend une série d’articles très importants et très intéressants sur la validation des acquis professionnels, instrument indispensable et important pour susciter un certain nombre de déblocages par rapport aux situations de formation tout au long de la vie. Malheureusement, cette loi qui a été présentée en conseil des ministres en janvier 2000, a été retardée une première fois à cause du débat sur le passage au quinquennat, et a sauté de l’ordre du jour parlementaire. Le secrétaire d’État à la Formation professionnelle a remis son ouvrage sur le métier et a fait une seconde tentative en se glissant dans la loi de modernisation sociale pour faire passer ses articles qui, de nouveau, ont subi cet accident à cause du débat sur les licenciements économiques, certes important. Mais c’est un peu dommage parce que l’on s’aperçoit une fois de plus que, malgré l’importance stratégique reconnue du développement de la formation tout au long de la vie, à la fois pour les individus et pour les organisations, ce sujet ne mobilise absolument pas les décideurs politiques ou les décideurs institutionnels ayant un poids suffisant pour inscrire ce sujet au sommet des agendas, aussi bien dans les entreprises, dans les organisations que dans les agendas politiques ou médiatiques. Ce sujet est fort peu repris, débattu, discuté dans la société parce qu’il est fort peu dans les médias. Souvent, les personnes, salariées ou non, doivent se débrouiller toutes seules par rapport à un certain nombre de problèmes et de questions dont elles ne se rendent d’ailleurs pas forcément compte qu’ils sont rattachés au sujet politique et social plus vaste de la formation tout au long de la vie dont on nous rebat les oreilles. Elles ne font pas forcément le lien entre ce qu’elles vivent et cette question. Inversement, cette question est parfois débattue un peu à vide, sans que l’on arrive à juguler les obstacles et à organiser les institutions pour que les choses puissent évoluer et être rendues plus faciles pour tout un chacun.

Fermer la fenêtre