[ Thème n°12 : La formation tout au long de sa vie ]
Il faut tout réorganiser !

Vincent BAHOLET, Conservatoire national des Arts et métiers (CNAM), Pays de Loire,
Offrir une gamme complète de services à l’entrée. Globalement, les organismes ne savent pas le faire. Il faut qu’à l’entrée, quand on arrive au guichet, on ait droit au bilan de compétences, à l’orientation approfondie, à une information complète — et l’information, ce ne sont pas que des plaquettes —, à la validation des acquis… Avoir " la totale ". En plus, les gens ne savent pas pourquoi ils viennent à l’entrée. Ils demandent un bilan alors qu’il leur faut peut-être une VAP. Ils demandent une VAP, alors qu’ils ont juste besoin d’une information et qu’ils sont très clairs sur leur projet. Si on n’a pas toute la gamme, on ne pourra jamais avancer.

On peut changer de voie ?
Pour nous, un système de formation tout au long de la vie intègre la diversité des motivations dans un système unique. Les réflexes français, c’est : à chaque demande, un système de formation particulier. Après, on a un système complètement éclaté et on n’arrive plus à faire de lien. Je ne veux pas dire qu’il n’y a qu’une seule institution qui fait tout. Mais globalement, je pense que les institution, petits ou grands organismes, devraient être capables d’intégrer différentes motivations au sein du même système. Parce qu’en plus, les motivations changent au fil du temps. Quelqu’un qui est entré pour un diplôme finit pour un complément ; après, il repart pour autre chose puis revient trois ans plus tard… Si on lui dit que c’est un autre système et qu’il doit partir ailleurs, cela ne marche pas.

Et si on n'a pas le temps ?
C’est un système indépendant du temps. Cela paraît relever de l’évidence mais dans de nombreux systèmes en France, quand on entre dans un stage demandeur d’emploi pour neuf mois, c’est foutu si on quitte au milieu. Il faut pouvoir rentrer, repartir, mettre en suspens, revenir deux ans ou dix ans après et capitaliser, pouvoir additionner les choses. En général, nos diplômes ne sont pas construits comme cela.

Et si on n'est pas toujours là ?
Autoriser la mobilité géographique. On raconte partout que les gens se déplacent, qu’il y a de la mobilité, qu’il faut la favoriser même si elle n’est pas terrible en France. Dès que l’on a commencé un diplôme, un DESS ou autre en formation continue, si on s’en va, on n’a à peu près aucune chance de finir la deuxième année ailleurs. L’université a cette difficulté. Nous travaillons en lien avec elle tous les jours. Cela appelle aussi des logiques de réseaux géographiques.

Des diplômes équivalents ?
S’inscrire dans un dispositif de validation le plus large possible. Un des réflexes français, on le voit dans les modes de certification, est que chaque chapelle fait ses certifications. Après, pour passer de l’un à l’autre, cela paraît compliqué. Je suis très favorable à ce que l’on soit le plus large possible, c’est-à-dire au moins national, voire européen — c’est quand même une des grandes questions, même si je sais bien que ce n’est pas simple. On voit bien qu’autrement, on n’y arrivera pas. En tout cas, on ne pourra pas tenir dans la durée, y compris au niveau stratégique.

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