[ Thème n°14 : le travail, c'est la santé ]

Tout est question de nomenclature

Françoise PIOTET, chercheur au CNRS, professeur à Paris I en sociologie, et notamment responsable du laboratoire Georges-Friedmann à Paris I, aura tout un propos en tant que sociologue sur le travail et la santé.
Les maladies professionnelles, pour qu’on reconnaisse qu’il y a un lien entre les conditions de travail, les produits auxquels vous êtes exposés, etc., et la maladie, et l’effet sur la santé, il faut que ce soit écrit sur un tableau. Il faut que l’amiante figure sur... Là, on a fait 50 millions d’études et on est sûr qu’il y a un lien. Mais l’inscription sur ce tableau est une construction sociale ; c’est un rapport de force ; ça ne vient pas comme ça ; ça ne tombe pas du ciel. En général, il y a eu des conflits. Je me souviens des vieux conflits des années 70, le plomb : des gens se sont mis en grève et ont dit : “ On en a marre, on est malade, on ne sait pas très bien d’où ça vient mais on pense que ça vient du travail que l’on fait î. Il y a donc des conflits. Et il y a des juristes. Et la Sécurité Sociale dit : “ Cela va nous coûter combien ? î
Une fois qu’on a fait tout ça, on se dit : “ On le met sur le tableau î. Si vous entrez dans la bonne case, il y a un lien entre travail et santé. Si vous n’êtes pas dans la bonne case, il n’y a pas de lien. Débrouillez-vous... Reste à l’individu à faire la preuve qu’il y a un lien entre ce à quoi il est exposé... Encore une fois, il y a des cas où on sait parfaitement. Il a fallu combien de temps pour qu’on fasse reconnaître les TMS ? Cela ne s’est pas fait du jour au lendemain. Ce sont les maladies musculosquelettiques où les gens qui font les mêmes gestes de manière répétée ont des problèmes de canal carpien ou de coude, etc.
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