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Jean-Luc COHEN, réalisateur
de "L'avenir ne tombera pas du ciel", 1998,
Jai filmé dans le local syndical, tout au long de lannée,
des discussions sur les 35 heures, lannualisation, la flexibilité,
les primes, etc. Tout cela est dune complexité incroyable.
Au sein de la même entreprise, tous nont pas le même
statut. Il y a quatre ou cinq statuts différents. Cest incroyable
! Alors, des personnes qui nont pas le BEPC en poche, qui sont usées
et fatiguées par le travail, comme on peut le voir dans le film,
qui ont douze heures de travail derrière elles, sen remettent
au patron. Et aujourdhui, le taux de syndicalisation est évidemment
lamentable. On ne les sent pas prêtes à prendre conscience
dune nécessaire solidarité, sous quelque forme quelle
soit, syndicale ou autre. Elles ont besoin dun grand frère.
Concernant ce que disait Patrick Rozenblatt sur la professionnalisation
du syndicat, jaurai tendance à changer mon point de vue par
rapport à celui que javais, il y trois ou quatre ans. Il
faudrait presque que de telles personnes aient les moyens de louer les
services dun syndicaliste professionnel. Tout seuls, ils ne se débrouilleront
pas. Il manque un technicien en défense sociale, parce que de ces
rangs-là ne peuvent pas naître spontanément des personnes
capables daffronter la problématique telle quelle se
pose.
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